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Maïs fourrage : « Il est difficile de prédire la qualité des ensilages précoces de maïs »

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Pour Julien Jurquet : « Il faut sécuriser un maximum de stock avec les maïs et réaliser rapidement un bilan fourrager afin d'évaluer les options possibles pour l'alimentation des vaches » Crédits : © J.Jurquet

1- Qu’attendre des maïs ensilés au mois de juillet en termes de qualité ?

La situation actuelle est inédite. Il y a peu de données connues comparables. Même en 2003, la sécheresse a été plus tardive et les maïs plus avancés dans leur cycle.

Une année, nous avons prélevé des échantillons sur des maïs au stade de floraison d’un mètre cinquante environ, sans grains avec des tiges et des feuilles encore vertes. Les résultats atteignaient 0,85-0,88 UFL. Le profil des maïs est un peu comparable à celui de cette année. Mais, les valeurs diminuent rapidement avec le dessèchement de la plante. Les maïs peuvent déjà avoir dépassé le stade où il reste des feuilles vertes.

2- Il est donc trop tôt pour tirer des conclusions sur la qualité des maïs ?

Prédire la qualité finale de l’ensilage de maïs maintenant est difficile. Les maïs de cette année se trouvent hors cadre des références habituelles. Pour les éleveurs, il est quand même important de réaliser des analyses après la récolte pour connaître le taux de matière sèche et la composition chimique. Il faudra privilégier les analyses chimiques de référence plutôt que les tests infrarouges qui ne sont probablement pas calibrés pour ces maïs atypiques. Pour les valeurs nutritives comme la digestibilité, il sera plus compliqué d’identifier des valeurs précises, les équations de prévision étant établies sur des plantes ayant suivi un cycle végétatif normal. Au moment de la distribution du fourrage aux vaches, il faudra observer leur réaction pour agir en conséquence sur la ration.

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3- Quelles sont les priorités pour les éleveurs ?

Face à des maïs qui ont déjà souffert de la sécheresse et des fortes chaleurs, la priorité est de sauver ce qui peut l’être. Sans irrigation possible et s’il n’y a aucun signe de pluie dans les prochains jours, il faut ensiler ces maïs pour sécuriser un maximum de stock fourrager, peu importe la qualité.

J’incite vivement les éleveurs à réaliser un bilan fourrager afin de connaître leurs besoins en fourrages et les disponibilités sur leur exploitation pour prévoir d’éventuelles actions : l’achat de fourrage ou de coproduit, le semis de dérobées d’automne en fonction de la météo. Il n’y a pas de recette miracle, il faudra multiplier les options pour franchir le cap de cette période compliquée. La priorité, c’est de trouver des fourrages. Les concentrés, ayant peu de valeur d’encombrement, ne permettront pas de répondre entièrement à la problématique.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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