La ferme expérimentale de la Blanche Maison, dans la Manche, a mis en place depuis 2017 une organisation de la reproduction basée sur quatre périodes de vêlage, pour cadrer l’organisation du travail.
« La stratégie de reproduction est organisée autour de quatre périodes de vêlage, illustre Marie Plessy, directrice de la ferme expérimentale de la Blanche Maison, dans la Manche. Un fonctionnement réglé au jour près permettant d’améliorer l’organisation du travail. Les périodes d’insémination et de vêlage sont groupées, en dehors des périodes de travaux dans les champs ou les prairies.
Le troupeau est composé de 100 vaches de race normande, réparties en quatre lots, appelé « bandes », d’environ 25 animaux. Les vêlages et les inséminations sont organisés en quatre périodes de six semaines réparties sur l’année. Pendant qu’un lot est en période de vêlage, un autre est en période d’insémination. Les deux autres lots sont en production.
Pour optimiser la production laitière, les effectifs d’un lot sont scindés en deux afin d’avoir deux périodes de tarissement de trois semaines chacune. La répartition se fait en fonction de la date de vêlage prévue et du niveau de production de la vache.
Une période d’insémination stricte de six semaines
« Contrairement au fonctionnement initial, une synchronisation des chaleurs a été mise en place pour les génisses et les vaches non vues en chaleur lors des trois premières semaines d’une bande », explique Marie Plessy. Celle-ci est réalisée à l’aide d’une piqûre hormonale. « Nous intervenons plus souvent sur les génisses, car elles sont sur un autre site. » Les éleveurs se permettent d'inseminerune vache en chaleur en dehors de la période d’insémination, jusqu’à trois jours avant le début de celle-ci. « L’inconvénient, c’est qu’une chaleur en dehors des périodes n’est pas valorisée. »
Une vache qui échoue sur une première bande intégrera la suivante. « Mais il est très rare que nous l’inséminions sur une troisième bande, complète-t-elle. Seules les très fortes productrices y sont autorisées. Pour les autres, deux échecs sont synonymes de réforme. »
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L’objectif de la ferme expérimentale est de garder un troupeau constitué à 100 % de vaches normandes et de pouvoir valoriser quinze bœufs par an en Filière qualité race normande. Les première et deuxième inséminations sont réalisées en race normande pure. Ensuite, les troisième et quatrième inséminations sont réalisées en croisement (blanc bleu belge, INRA 95, charolais ou limousin), afin de valoriser la vente de veaux à 15 jours.
Insémination des génisses à partir de 380 kilos de poids vif
Les génisses intègrent une bande au fur et à mesure qu’elles atteignent 380 kilos de poids vif. Jusqu’à maintenant, l’ensemble de celles-ci était élevé sur l’exploitation et inséminées en pure normande pour répondre aux besoins de l’augmentation du cheptel. « Nous allons continuer ce fonctionnement dans un premier temps afin de faire du tri dans le troupeau et d’éviter de subir les réformes. Ensuite, le génotypage, déjà réalisé sur l’ensemble du troupeau pour choisir les taureaux pour l’insémination, sera valorisé afin de sélectionner les meilleures génisses pour intégrer le renouvellement. »
D’autres avantages facilitant le travail
« Le fonctionnement en bandes nous permet d’avoir des lots de génisses très homogènes facilitant le suivi de croissance », évoque Marie Plessy. L’âge au premier vêlage est descendu à 26,4 mois en 2025.
Le nombre constant de vaches dans le troupeau permet d’avoir une production régulière tout au long de l’année. « Le fait d’avoir régulièrement un lot de vaches taries entraîne une diminution de l’astreinte », complète-t-elle.
Plus de trois lactations par vache
Aujourd’hui, le nombre de lactations moyen sur l’exploitation est de 3,2 par vache contre 2,9 constatées dans les fermes du projet Alonge. Ce projet, mené par l’Idele vise à améliorer la longévité des vaches laitières notamment via une gestion raisonnée du renouvellement. Le taux de réforme, lui, est de 27 %. « 70 % de ces réformes sont dues à des problématiques de reproduction et subies. Les autres sont principalement dues à des problèmes sanitaires. » Une situation en cours d’amélioration grâce à l’arrivée de nombreuses génisses dans le troupeau pendant un certain temps.