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« Dans le Morbihan, il n’y a pas eu un seul poulailler construit depuis deux ans »

Le groupement de volaille-ponte Armor-Œufs a célébré ses cinquante ans le 5 avril à Pontivy (Morbihan). Un évènement marqué par un riche débat sur l’avenir de l’œuf, entre inquiétude pour le développement d’une filière, et données de consommation positive.

De gauche à droite : David CASSIN, directeur des relations parties prenantes d’Avril filières d’élevage ; Yves-Marie BEAUDET, président du CNPO ; Arnaud ROUSSEAU, président d’Avril ; Arnaud LÉCUYER, vice-président du conseil régional de Bretagne en charge de l’agriculture ; Yves BLEUNVEN, sénateur du Morbihan
De gauche à droite : David CASSIN, directeur des relations parties prenantes d’Avril filières d’élevage ; Yves-Marie BEAUDET, président du CNPO ; Arnaud ROUSSEAU, président de la FNSEA; Arnaud LÉCUYER, vice-président du conseil régional de Bretagne en charge de l’agriculture ; Yves BLEUNVEN, sénateur du Morbihan
© Franck Jourdain

L’exercice 2023 du premier groupement de producteurs de volaille-ponte de France a été jugé « correct » par son président, Frédéric Chartier. Les 126 élevages de poules pondeuses d’Armor-Œufs (Pontivy, Morbihan) ont sorti près de 1,5 milliards d’œufs sur la base de 5,27 millions de poules pondeuses. Ces éleveurs ont bénéficié en 2023, pour la première fois depuis six ans, d’une revalorisation de leurs contrats, « de l’ordre de 4 à 5 % selon leur contrat électrique et la puissance souscrite », précise Thierry Coatrieux, directeur du groupement. Cette hausse devrait être reconduite en 2024.

Ovosexage, cage, directive IED en débat

À la sortie du Covid-19 et de l’épizootie d’influenza aviaire, les indicateurs ne sont pas repassés au vert pour autant. « Il y a toujours des tensions palpables autour de l’ovosexage car la CVO ne couvre pas le coût réel de l’opération », souligne Frédéric Chartier. 

« Il y a toujours des tensions palpables autour de l’ovosexage car la CVO ne couvre pas le coût réel de l’opération »

Les nouvelles normes IED votées au parlement le 12 mars comme le projet de révision du PAR7 (normes azote) pourraient aussi compliquer l’élevage à l’avenir, poursuit en substance le président d’Armor-Œufs. Enfin, le groupement doit assurer le renouvellement de ses éleveurs et continuer à descendre sa part « cage », actuellement à 40 %.  

Une consommation plus dynamique que la production

Sur le plan macroéconomique cependant, il y a des signes positifs, ont témoigné les personnes « expert » du débat à l’assemblée générale d’Armor-Œufs. « La consommation d’œufs a progressé en France en deux ans, passant de 222 à 224 œufs par habitant et par an, soit un gain de 140 millions d’œufs supplémentaires », rappelle Yves-Marie Beaudet, président du CNPO. Mais dans le même temps, c’est vrai, les projets ont de plus en plus de mal à avancer. « Dans le Morbihan par exemple, il n’y a pas eu un seul poulailler construit depuis deux ans », donne en exemple le sénateur Yves Bleunven, ancien cadre du groupement. 

« Dans le Morbihan par exemple, il n’y a pas eu un seul poulailler construit depuis deux ans »

Les opposants se sont radicalisés. Au démarrage du groupement en 1974, c’était « un permis de construire accordé par jour », témoigne Alain Glon, ancien patron du groupe spécialiste de la nutrition animale à l’origine d’Armor-Œufs, avant d’être cédé à Avril. L’État peut mieux encadrer le recours aux contentieux pour éviter le prolongement sans fin des procédures. 

Une demande de soutien sur la vaccination et les salmonelles 

« Il doit aussi poursuivre son engagement en matière de vaccination », dit David Cassin, directeur des relations parties prenantes chez Avril filières d’élevage, « l’État nous dit : débrouillez-vous. Mais sa prise en charge de 85 % du coût de la vaccination des palmipèdes (100 millions d’euros) a été efficace : seulement 10 cas d’influenza sur la campagne ».

De la même manière, Monsieur Cassin plaide pour que l’État investisse sur la salmonelle, ce qui pourrait permettre la réduction « de 20 % des cas, ce qui serait énorme ». Sur le plan économique enfin, les débatteurs considèrent que l’œuf a clairement le vent en poupe. Émettant peu de gaz à effet de serre, c’est la protéine animale la moins chère du marché. 

 

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