Bien que résidant dans une région peu viticole, Marie-Laure Louchaert est inspirée par la vigne. Son recueil de poésie est un hymne à cette plante « complète et très belle ». C’est aussi un hommage aux vignerons qui la cultivent.
« La poésie est comme un bon vin, elle se déguste. Il faut savourer les vers, les lire avec les liaisons. » Ce n’est pourtant pas pour cette raison que Marie-Laure Louchaert vient de publier un livre de poésies complet sur la vigne. « C’est une attirance personnelle : j’ai toujours vécu à la campagne, j’ai même quelques pieds de vigne que j’ai appris à cultiver. C’est une plante qui m’attire, que j’aime pour ses bienfaits, sa noblesse, sa beauté. C’est aussi une plante emblématique de notre patrimoine historique, présente dans le monde entier. »
Une attirance qui trouve ses racines dans la jeunesse de l’autrice. De ses promenades dans les vignes le soir, après les chaudes journées d’été, avec sa sœur aînée qui vivait en Provence, Marie-Laure Louchaert a gardé de bons souvenirs. Tout comme elle se souvient avec tendresse des voyages en Champagne avec sa famille, pour aller chercher le précieux liquide effervescentauprès des vignerons, pour les mariages ou autres festivités familiales. « J’aime me retrouver au milieu des vignes », confie-t-elle.
Une promenade poétique au fil des saisons
Même si son parcours professionnel l’a emmenée vers des rivages plus scientifiques jusqu’à un métier d’infirmière, la passion pour la littérature l’accompagne depuis toujours. Après un premier ouvrage plutôt orienté vers la mer intitulé « Carnets de bords », l’inspiration liée au monde viticole a abouti cette année à la publication de son deuxième recueil de poésie : « Au cœur des vignes », aux éditions 3 colonnes.
Habitant dans les Hauts-de-France, Marie-Laure Louchaert a peu l’occasion de se promener dans les vignobles, mais son inspiration puise dans de nombreuses sources : les paysages, l’histoire, le patrimoine architectural, la transmission, les gestes des vignerons, les saisons, sans oublier les aspects festifs, puisque « la vigne rassemble les hommes ». Elle-même avoue aimer boire un bon vin, pour le goût et parce que « c’est excellent pour la santé ».
Au fil de quarante poèmes, délivrés à raison de dix par saison, Marie-Laure Louchaert propose une promenade littéraire autour des différentes facettes de la « dame vigne», par son écriture accessible et contemplative.
Une poésie ouverte à tous
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Sa saison préférée ? Elle en a deux : le printemps, où tout renaît et l’automne, où la lumière déjà faiblissante nimbe les paysages. « Il y a un lien entre la poésie et la vigne, bien sûr. La vigne se mérite, il faut en prendre soin. Les vers aussi doivent être composés, parfois taillés », précise la poétesse, qui met du temps à écrire mais peut aussi connaître de vives inspirations liées à la nature ou à la musique.
Alors que les vignerons doivent affronter une crise économique majeure, la poésie peut sembler dérisoire. Pourtant, « peut-être que le fait de savoir que des personnes, même sans lien direct avec eux, pensent à eux, peut les toucher ? », s’interroge l’autrice. Sa poésie apparaît ouverte à tous, y compris aux lecteurs peu familiers du genre. Une invitation à cheminer avec elle.
La poésie toujours vivante au XXIe siècle
Un genre désuet, la poésie ? Pas vraiment, si l’on en croit les chiffres des ventes : en France, un million et demi de recueils de poésie ont été achetés en 2025, pour 18,30 millions d’euros de chiffre d’affaires. La poésie ne représente qu’une petite part du secteur de l’édition mais il apparaît plutôt dynamique. Deux lecteurs sur trois sont des lectrices, plutôt jeunes. Ce que confirme Marie-Laure Louchaert, surprise de constater que son site Facebook consacré à la poésie attire de nombreuses personnes dans la tranche d’âge 25-30 ans.