Technique de l'insecte stérile : inauguration de la structure de production d'insectes PiloTis au centre CTIFL de Balandran

- - 3 min
Le centre CTIFL de Balandran a inauguré sa structure PiloTIS, dédiée à l'élevage d'insectes destinés à l'application de la Technique de l'insecte stérile (TIS) Crédits : © RFL

En août 2018, une délégation du CTIFL a rencontré au Canada les responsables du programme Oksir, qui travaillent depuis les années 1990 à la mise en place de la technique de l'insecte stérile (Tis) dans la région de Okanagan-Kootenay (Colombie-Britannique), afin de diminuer les populations de carpocapse. Ce programme a été une grande réussite, les dégâts de carpocapse sur pommier dans cette région ayant été grandement réduit. « Les populations de carpocapse ont diminué de 94 % dans la région et l'utilisation de produits phytosanitaires contre ce ravageur a chuté de 96 % », indique Cara Nelson, ancienne directrice du programme Oksir.

A lire aussi : Biocontrôle : la technique de l'insecte stérile en test

Fort de l'exemple canadien, le CTIFL souhaite devenir le leader européen de la Tis, technique qui vise à réduire la population d'insectes ravageurs  par des lâchers massifs et répétés d'individus d'élevage stérilisés. Plusieurs projets d'expérimentation sur cette technique sont en cours : contre le carpocapse de la noix en Isère, la mouche méditerranéenne des fruits en Corse, Drosophila suzukii sur cerisier et fruits rouges...

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Une production d'insectes pour les essais

La structure PiloTis vise dans un premier temps la production d'insectes pour les essais du CTIFL. « A la base, elle ne devait servir qu'à la production de Drosophila suzukii, souligne Sarah Moyse, directrice du centre opérationnel de Balandran. Mais la crise du Covid a rendu impossible l'importation de carpocapses stériles du Canada pour le projet CarpoTis en Isère. On a donc ajouté la production de carpocapses aux objectifs de la structure ».

A terme, PiloTis pourrait évoluer vers une solution de Tis commercialisable. Mais avant d'en arriver là, une évolution réglementaire est nécessaire, ainsi que des études d'acceptabilité et de viabilité économique de la méthode. Car la Tis nécessite un déploiement à plus ou moins grande échelle pour être efficace. « Il faut réfléchir à l'échelle d'un territoire car les parcelles, les villages, les forêts peuvent être des réservoirs d'insectes », explique Clelia Oliva, responsable des programmes Tis au CTIFL et coordinatrice du Collectif Tis. La méthode implique donc la participation d'une grande diversité d'acteurs. Ainsi, au Canada, le programme Oksir est mandaté par la région et est financé à 40 % par les producteurs et 60 % par les habitants. Une approche de déploiement sous abri, moins complexe, est également envisagée.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires