Optimiser l'énergie n'est pas une préoccupation nouvelle pour les serristes mais cet enjeu évolue avec des nouveaux objectifs, des nouvelles techniques et des sources d’énergie plus diversifiées. Tour d'horizon.
Le chauffage au gaz naturel alimente 97 % des serres en maraîchage et 44 % en horticulture, selon les données présentées par le plan d’électrification du gouvernement. Les serres sont donc en première ligne face à la volatilité des prix du gaz. Cette menace sur la rentabilité économique s’ajoute à l’arrêt de la cogénération. L’heure est donc à l’optimisation de la consommation d’énergie.
Les serres font l’objet d’une mesure spécifique dans « Électrifions la France ! », le plan lancé en avril par le gouvernement en réponse à la crise de l’énergie. Il s’agit de la mesure 18 « Renforcer l’accès aux pompes à chaleur pour les serres maraîchères et horticoles ».
Pour inciter à l'équipement en pompes à chaleur, le gouvernement envisage de renforcer le soutien déjà existant via les certificats d’économie d’énergie (CEE). Une révision de la fiche CEE applicable pour l’installation de pompes à chaleur en serres maraîchères et horticoles est promise d’ici septembre 2026.
L’objectif est d’équiper 400 hectares de serres maraîchères et horticoles d’ici 2030, soit « 20 % du potentiel identifié », indique le dossier gouvernemental.
Un soutien très ciblé, qui ne risque pas à lui seul d’alléger la pression énergétique. Explorer une diversité de leviers s’impose. La déshumidification active, les écrans thermiques, le diagnostic énergétique, la diversification des sources d'énergie sont des voies empruntées pour faire évoluer le mix énergétique des exploitations. Localisation, âge des équipements existants, surface de production, capacité d'investissement ou encore énergies renouvelables possibles vont impliquer des réponses différentes.
Mise au point il y a une quinzaine d’années, mais peu utilisée jusqu’ici, la déshumidification active des serres suscite l’intérêt des producteurs. Plusieurs solutions existent, avec à la clé une économie d’énergie de 15 à 25 %.
Pour économiser de l’énergie mais aussi décarboner, des producteurs se sont équipés de systèmes de déshumidification active. Voici trois retours d’expérience recueillis en Haute-Savoie, Finistère et Loiret.
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Face à des dévoiements, les Certificats d'économie d'énergie pour la déshumidification active ont été recadrés en 2025. Le point avec Ariane Grisey, responsable Environnement-Énergie au CTIFL et présidente du groupe Agriculture à l’Association technique énergie environnement (ATEE).
Pour optimiser sa gestion de l’énergie, l’EARL Le Crest de Vaulx, située en Haute-Savoie, a fait réaliser un diagnostic énergétique. Retour d’expérience avec Denis Juget, coassocié de l’entreprise maraîchère.
Les enjeux énergétiques des serres chauffées se complexifient. Le point avec Vincent Stauffer, fondateur du bureau d’études Agrithermic, spécialiste de l’optimisation énergétique des serres.
Les écrans thermiques permettent d’améliorer l’isolation des serres qui nécessitent alors moins de chauffage. Les fournisseurs d’écrans mettent au point de nouvelles technologies alors que la forte augmentation du gaz renforce l’intérêt de ces équipements.
Le Gaec de Kernod a renouvelé son écran thermique en 2023. Il a opté pour une technologie encore peu déployée en France, les écrans tissés. Les avantages sont visibles face à la nouvelle augmentation du prix de l’énergie.
Face à la volatilité du marché de l’énergie, les quatre adhérents de la Coopérative Sud Roussillon, à Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales, rénovent leurs serres et misent sur un mix énergétique le plus ouvert possible.
La Ferme de Torchy, en Normandie, s’est équipée d’un tracker solaire Okwind pour réduire sa facture d’électricité liée à sa serre et à sa chambre froide.