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Tomates en Bretagne : Un coût de chauffage stable grâce à l'écran thermique

Le Gaec de Kernod a renouvelé son écran thermique en 2023. Il a opté pour une technologie encore peu déployée en France, les écrans tissés. Les avantages sont visibles face à la nouvelle augmentation du prix de l’énergie.

« Nous avons changé d’écran en fin d’année 2023, l’ancien était en fin de vie », explique Pierre Le Chevanton, associé au Gaec de Kernod, exploitation productrice de tomates dans les Côtes-d’Armor, en Bretagne. Le maraîcher cultive ses tomates dans deux serres. La plus ancienne, basse et constituée d’un toit en bâche plastique, ne permet pas l’installation d’un écran. La seconde, construite au début des années 2000, a vu son écran remplacé il y a deux ans. Pour cela, Pierre Le Chevanton s’est intéressé aux écrans tissés de Phormium, et notamment à l’écran PhormiTex Bright + promettant 47 % d’économie d’énergie par rapport à une serre sans écran. « Les techniciens de la coopérative Les Maraîchers d’Armor ont comparé plusieurs offres. Cet écran était connu pour être de qualité et il répondait justement à nos besoins de transmission de lumière et d’économie d’énergie », rapporte le maraîcher. « On voit clairement la différence d’isolation par rapport à l’ancien, mais je pense que c’est davantage dû à la vétusté de l’ancien modèle qui n’était plus étanche », estime-t-il.

Une gestion de l’écran en évolution

« En début de plantation et jusqu’au quatrième bouquet, on laisse l’écran complètement fermé pour garder la chaleur. Après, comme les plantes transpirent beaucoup, on est obligé de l’ouvrir toute la journée pour réduire le taux d’humidité », expose Pierre Le Chevanton. « On peut aussi le fermer partiellement, si la température extérieure est au-dessus de 11, 12 degrés, on garde une petite cheminée », décrit-il. Face à la montée du prix de l’énergie depuis plusieurs années, le maraîcher a fait des tests ces deux dernières années pour mesurer la possibilité d’augmenter le temps de déploiement de l’écran, sans nuire à la qualité de production. « On arrive à le déployer une heure avant le soir et une heure après le matin », précise le maraîcher. La quantité d’énergie économisée par cette technique, et plus généralement par la mise en place de ce nouvel écran en 2023, est difficile à estimer pour le maraîcher. « Au-delà de la quantité de gaz consommée, ce que nous regardons surtout c’est si les consignes données à l’ordinateur sont respectées. Ensuite on constate sur la facture si on a payé plus. Pour l’instant, malgré l’augmentation du gaz, on ne dépasse pas les neuf à dix euros le mètre carré de chauffage, ce qui est notre limite acceptable », résume Pierre Le Chevanton.

Des écrans plus résistants et nécessitant peu d’entretien

L’écran choisi par le maraîcher, est un écran tissé, plus résistant que l’ancien modèle, un écran tricoté. Pierre Le Chevanton bénéficie donc d’une garantie plus longue que son ancien écran. Elle passe de cinq à huit ans. Avec l’humidité de la serre qui condense sur les parois, des gouttes peuvent tomber sur l’écran lorsqu’il est déployé. « L’hiver on a des zones de l’écran qui sont un peu vertes, à cause des gouttes de condensation. Mais en été le soleil vient déverdir donc l’un dans l’autre on n’a pas besoin d’intervenir », explique le producteur.

Des aides financières disponibles

Pierre le Chevanton a bénéficié d’aides financières à hauteur de 40 % pour changer son écran. Le coût d’achat initial est d’environ 1,30 euro le mètre carré. S’y ajoute l’installation de l’écran par une entreprise tierce. Il a pu bénéficier de l’offre bretonne Agri-Invest qui « vise à soutenir les exploitants et structures agricoles dans la réalisation d’investissements permettant une meilleure productivité économique, environnementale et sociale », comme l’indique le site internet de la région Bretagne. Cette offre est toujours d’actualité, comme le dispositif des certificats d’économie d'énergie (CEE), dont le maraîcher a aussi profité. Ce dispositif d’échelle nationale, permet d’aider au financement d’écrans et de toute autre installation permettant de réduire l’utilisation d’énergie. « Les primes sont calculées sur les économies d’énergie réellement générées, selon des fiches officielles », mentionne le site internet du réseau CEE agriculture.

Aller plus loin face à la montée des prix

Le Gaec reste à l’affût de nouvelles technologies permettant d’alléger sa facture d’énergie. « On fait des « rallyes » où on va chez un producteur tous les quinze jours ou trois semaines. Ça permet aussi de voir qui a mis de nouveaux écrans, et tout ce qui se fait en termes de techniques de chauffage », détaille le maraîcher. Il s’est également questionné sur l’intérêt de mettre en place un double écran. « Je me demande si c’est intéressant, parce que c’est quand même un gros investissement par rapport au gain d’économie d’énergie. En plus, je ne suis pas sûr que notre installation soit faite pour, il faudrait que la serre fasse 1,50 mètre de plus en hauteur. Si un jour je fais une nouvelle serre, c’est sûr que je regarderai ça », projette-t-il.

Une démarche d’innovation collective

Les associés du Gaec de Kernod ont pu découvrir la technologie des écrans tissés proposée par la société Phormium, dans le cadre d’un appel d’offres lancé par la coopérative Les Maraîchers d’Armor. Les conseillers de la coopérative sont allés à la rencontre des principaux fournisseurs d’écrans en France afin de découvrir leurs nouveaux produits en conditions d’utilisation, notamment aux Pays-Bas et en Belgique, ainsi que leurs usines de fabrication. À la suite de ces visites, les écrans du lauréat ont été proposés à 10 producteurs de tomates de la coopérative. Parmi eux, huit ont choisi de se lancer et d’opter pour ces nouveaux types d’écrans.

Repères :

Gaec de Kernod, à Pleubian, dans les Côtes-d’Armor

Surface : 2 ha de tomates, dont 1 ha de tomates grappe et 1 ha de tomate vrac

Commercialisation : grande distribution, via la coopérative « Les Maraîchers d’Armor »

Salariés : 3 permanents et quelques saisonniers

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