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Serres maraîchères : la déshumidification active reprend de l’intérêt

Mise au point il y a une quinzaine d’années, mais peu utilisée jusqu’ici, la déshumidification active des serres suscite l’intérêt des producteurs. Plusieurs solutions existent, avec à la clé une économie d’énergie de 15 à 25 %.

<em class="placeholder">Le déshumidificateur double-flux Ext’air, d’AirGaïa.</em>
Le déshumidificateur double flux Ext’air, d’AirGaïa, a reçu un Sival d’argent au Sival Innovation 2026.
© AirGaïa

Classiquement en serre chauffée, la déshumidification pour éviter le développement de maladies fongiques et favoriser la croissance des plantes est assurée par aération, ce qui implique de chauffer plus pour garder la température et entraîne une perte de CO2. En moyenne, 20 à 30 % de l’énergie thermique consommée sert à déshumidifier. « Plus la serre est isolée et étanche, par sa conception et l’utilisation d’écrans, plus il faut déshumidifier », souligne Ariane Grisey, responsable Environnement-Énergie au CTIFL. Une piste pour économiser l’énergie est donc de découpler le besoin en température et la déshumidification. Depuis une quinzaine d’années, des équipementiers ont conçu des systèmes de déshumidification active. Jusqu’ici peu utilisés, ils reprennent de l’intérêt avec la fin des contrats de cogénération, la décarbonation des serres et le coût croissant du gaz. Trois solutions sont proposées.

Le déshumidificateur thermodynamique gagne en performance

Le déshumidificateur thermodynamique utilise un fluide réfrigérant en circuit fermé et agit par condensation de l’eau. L’air chaud et humide de la serre est aspiré par le déshumidificateur et ressort plus chaud et plus sec. Il est alors soufflé librement ou dans une gaine pour une diffusion plus homogène.

Plusieurs fabricants (AirGaïa, DryGair, Squiban, Richel…) proposent des déshumidificateurs thermodynamiques de dernière génération, plus performants que les premiers équipements, plus faciles à intégrer et à des coûts qui ont diminué. Quelques producteurs en utilisent depuis plusieurs années. Et beaucoup se sont équipés en 2025.

 

 
<em class="placeholder">Le déshumidificateur thermodynamique Air&#039;Gaïa.</em>
Le déshumidificateur thermodynamique agit comme une climatisation. © Air'Gaïa

Le déshumidificateur simple ou double flux s'installe au pignon

Une autre piste est l’admission d’air extérieur, plus frais et donc plus sec que l’air de la serre. Une première solution pour cela est le déshumidificateur simple ou double flux. Dans le cas du double flux, le plus performant, un caisson contenant deux ventilateurs et un échangeur double flux est installé au pignon, à l’extérieur ou entre intérieur et extérieur. L’air humide de la serre est rejeté dehors par un ventilateur et l’air extérieur plus sec est aspiré dans la serre par un autre ventilateur.

L’échangeur double flux récupère la chaleur de l’air de la serre et la transfère à l’air venu de l’extérieur qui est ainsi réchauffé. Des ventilateurs, et éventuellement des gaines, assurent une répartition homogène de l’air. Quelques fabricants (Ammerlaan, Van Dijk, Horconex, AirGaïa…) proposent ce type de déshumidificateur. Et quelques producteurs en sont équipés.

Les ventilateurs verticaux disposés au-dessus des écrans

 

 
<em class="placeholder">Le système Ventilation Jet associé à des brasseurs d’air en test dans une serre.</em>
En 2026, le système Ventilation Jet associé aux brasseurs d’air est testé au Caté avec de nouveaux écrans plus isolants et l’ouverture des ouvrants est forcée pour admettre un air encore plus sec. © Cat

Une troisième option, également basée sur l’admission d’air extérieur, repose sur des ventilateurs verticaux qui aspirent l’air froid et sec au-dessus des écrans pour le distribuer en dessous. D’autres ventilateurs brassent l’air pour l’homogénéiser. Quelques fabricants (Svensson, Nivola, Van der Ende) proposent de tels extracteurs qui sont utilisés aux Pays-Bas, mais que l’on ne trouve à ce jour en France qu’en expérimentation.

Des besoins en énergie variables selon les équipements

Le déshumidificateur thermodynamique est très efficace et s’installe facilement en neuf ou rénovation, éventuellement en hauteur ou sous les gouttières, et donc sans perte d’espace, ou dans le corridor des serres semi-fermées. Il convient à tous les climats. Il a par contre une consommation d’électricité assez élevée et demande de la puissance.

Le déshumidificateur double flux, également très efficace, s’installe en pignon et nécessite des travaux pour les passages d’air. Le caisson peut être installé à l’extérieur, limitant la perte de place. Il est plus coûteux que le thermodynamique, mais consomme moins d’électricité, la seule consommation étant celle des ventilateurs, alors qu’un déshumidificateur thermodynamique consomme aussi de l’électricité pour réfrigérer l’air. Son efficacité dépend du climat extérieur. Elle est d’autant meilleure que l’air extérieur est frais.

Enfin, les ventilateurs verticaux conviennent aux rénovations et aux serres neuves. C’est le système le moins coûteux et demandant le moins de puissance électrique. Il nécessite par contre d’avoir 1 à 1,5 m entre la tête des plantes et l’écran thermique.

 

Comment bien choisir son déshumidificateur ?

Vincent Stauffer, fondateur du bureau d'études Agrithermic, explique les critères de choix entre les différentes solutions de déshumidification. 

« Le choix dépend du coût de l’énergie, de la puissance électrique disponible, des possibilités d’implantation, du climat extérieur.

Le déshumidificateur thermodynamique est le plus efficace et le plus intéressant quand l’énergie thermique est chère. Mais c’est aussi celui qui consomme le plus d’électricité, environ 10 kWh/m2. Il implique de bien étudier l’aéraulique [étude de l’écoulement de l’air].

Le déshumidificateur double flux est également efficace, d’autant plus que l’air extérieur est froid.

Les ventilateurs verticaux sont la solution la moins coûteuse et celle qui consomme le moins d’électricité, environ 3 kWh/m2. Mais elle ne convient pas aux serres basses et est un peu moins efficace et plus compliquée à piloter. 

Les déshumidificateurs ne doivent pas fonctionner toute la nuit, sinon la consommation d’électricité est très élevée, mais 3 heures avant le lever du soleil et 2 heures après.

Dans tous les cas, il y a un intérêt sanitaire. Mais si le besoin en chauffage diminue, la consommation électrique augmente. Et s’il faut faire des travaux pour augmenter la puissance et changer de contrat d’électricité, cela peut beaucoup augmenter l’investissement et le coût de fonctionnement. »

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