Serres maraîchères : la déshumidification active testée par le CTIFL et le Caté avec des résultats encourageants
Le CTIFL et le Caté testent depuis quelques années la déshumidification active, avec des résultats encourageants.
Le CTIFL de Carquefou (Loire-Atlantique) teste depuis deux ans, en tomate, un déshumidificateur thermodynamique MB’air d’AirGaïa sous multichapelle double paroi gonflable de 500 m² non chauffée. Piloté par l’ordinateur climatique, il s’active à 90 % d’humidité et s’arrête à 85 %. Il est couplé à plus de confinement. « La serre est progressivement fermée 5 heures avant le coucher du soleil, le déshumidificateur limitant la hausse d’hygrométrie », précise Adrien Mimault, ingénieur au CTIFL.
En 2025, il n’y a pas eu de maladies fongiques dans aucune serre. Des semaines 20 à 25, le déshumidificateur a par contre permis d’élever la température moyenne de + 0,8 °C (+ 0,5 °C la nuit, + 1 °C le jour). La floraison a été accélérée, permettant un gain de 2,7 kg/m² (24,1 kg/m² contre 21,4 kg/m² en serre témoin). Le risque de condensation sur les plantes a été réduit de 76 %. Le confinement favorisant la végétation, le temps d’effeuillage a par contre augmenté.
Un retour sur investissement en 7,5 ans pour le déshumidificateur thermodynamique
Sur la saison, le déshumidificateur a fonctionné 1 216 heures et consommé 13,9 kWh/m² d’électricité. La plus-value nette a été de 2,53 €/m², pour 19 €/m² investis, soit un retour sur investissement en 7,5 ans. « Même sans l’intérêt sanitaire, l’augmentation de rendement couvre largement la consommation électrique, que l’on peut sans doute encore réduire. En 2026, un régulateur climatique découple les ventilateurs du déshumidificateur de l’échangeur de chaleur. À un premier seuil, seul le ventilateur se déclenche. À un second, l’échangeur se met en marche. » Un projet a aussi démarré en serre chauffée en concombre avec un déshumidificateur thermodynamique DryGair.
Résultats prometteurs pour l'extracteur d'air allié à des brasseurs d'air
En Bretagne, dans le Finistère, le Caté teste depuis trois ans, également en tomate, l’extracteur d’air Ventilation Jet associé aux brasseurs d’air ClimaFlow de Svensson. « L’air de la serre est renouvelé 2,1 fois par heure, rapporte Glynis Bentoumi, ingénieure au Caté. Les doubles écrans peuvent être fermés 1 h 30 de plus le matin. Et ceci avec une consommation électrique très limitée, de 3,4 kWh/m² sur une saison. » Sur 2024, la conduite associant déshumidification, isolation accrue de la serre et abaissement de température des tuyaux a permis 20 % d’économie d’énergie, dont 9 % en sortie d’hiver. L’efficience a été de 3,8 kWh d’énergie thermique consommée/kg de tomate, contre 5,2 kWh/kg en conduite témoin. En 2025, l’économie d’énergie a été de 26 %, dont 12 % en sortie d’hiver. L’efficience énergétique a été de 3,5 kWh/kg de tomate contre 4,8 kWh/kg dans la référence. Les deux années, il n’y a pas eu plus de botrytis ou mildiou, avec une perte de production très limitée pour certaines variétés. « Les résultats sont très encourageants », conclut Glynis Bentoumi.