Energie : « J’économise 12 000 euros par an grâce à un tracker solaire »
La Ferme de Torchy, en Normandie, s’est équipée d’un tracker solaire Okwind pour réduire sa facture d’électricité liée à sa serre et à sa chambre froide.
La Ferme de Torchy, en Normandie, s’est équipée d’un tracker solaire Okwind pour réduire sa facture d’électricité liée à sa serre et à sa chambre froide.
Le tracker solaire a été installé en juin 2024 à côté des deux hectares en serre multichapelle, tunnels et plein champ couvert de la Ferme de Torchy, à Dampierre-en-Bray en Seine-Maritime. « Il nous permet d’économiser environ 12 000 euros par an pour un investissement d’un peu plus de 50 000 euros, chiffre le maraîcher Alexandre Luginbuhl. On s’est équipé pour baisser notre facture d’électricité, liée l’hiver à la chambre froide et l’été au moteur électrique d’ouverture et de fermeture de la serre, aux pompes d’irrigation et de lavage, et à tout ce qui est lié à la gestion climatique de la serre. »
Une production de 39 MWh par an
Pilier surmonté de panneaux photovoltaïques (11,50 mètres de long sur 9,70 mètres de large, hauteur de 7 à 10,7 mètres selon la position), le tracker suit le soleil au fil de la journée. « Comme un tournesol géant, s’enthousiasme le maraîcher. Cela permet de produire beaucoup d’électricité sur une petite surface. » Le mât a une emprise au sol d’un mètre carré.
D’une puissance de 22 kilowatt-crête (kWc), le tracker produit 39 mégawattheures (MWh) par an, tandis que l’ensemble de l’exploitation consomme 189 MWh par an. Avant de s’équiper, Alexandre Luginbuhl s’est renseigné sur le solaire en toiture. Mais il a éliminé cette option faute d’un hangar exposé plein sud et après avoir essuyé quelques refus d’entreprises rebutées par la complexité d’un tel chantier, liée à la configuration du bâtiment.
Un taux d’autoconsommation de 95 %
Le taux d’autoconsommation s’élève à 95 % sur un an. C’est la part d’électricité produite par le tracker qui est directement utilisée par l’exploitation, tandis que le surplus est injecté sur le réseau avec revente. D’autres clients d’Okwind optent pour des trackers avec batterie, ce qui permet de stocker l’énergie produite lorsqu’elle n’est pas immédiatement consommée, au lieu de l’injecter. « La batterie permet notamment de déstocker l’énergie la nuit, précise Patrick Behêtre, responsable filières chez Okwind qui a accompagné la Ferme de Torchy dans son ancien poste en Normandie. C’est-à-dire de la consommer en différé et de réaliser ainsi des économies sur les consommations nocturnes. »
Le choix de l’emplacement du tracker solaire est crucial
La seule contrainte est d’installer le tracker près du compteur électrique de la ferme, sans pour autant le mettre à l’ombre des bâtiments. L’emplacement est recommandé par Okwind grâce à des visites sur place. « Idéalement, il faut être entre 20 et 100 mètres du point de raccordement, indique Patrick Behêtre. Plus la distance est courte, moins le coût de raccordement est élevé. »
Une fois le lieu choisi, il faut creuser… Si les agriculteurs clients d’Okwind (essentiellement des éleveurs pour l’instant) réalisent souvent les travaux sans prestataire, la Ferme de Torchy a fait appel à une entreprise locale de terrassement et maçonnerie. Un trou a donc été effectué dans le sol pour accueillir la cage fournie par l’entreprise : 2,5 mètres de long, autant de large et 2 mètres de profondeur. Les ouvriers ont passé les gaines et câbles en se fiant aux conseils d’Okwind qui a contrôlé les travaux, ils ont coulé du béton dans les proportions indiquées dans le cahier des charges, entre 12 et 13 mètres cubes, et l’ont vibré.
« À part ça, Okwind s’est occupé de tout, apprécie le maraîcher. Par exemple, la demande d’autorisation de travaux en mairie, le passage du Consuel, qui est l’organisme chargé de la sécurité électrique. C’était rapide. » Le délai habituel est d’environ quatre mois entre le premier devis et la mise en service, dont un délai incompressible d’un mois pour la déclaration préalable de travaux. Convaincu, le maraîcher réfléchit à aller encore plus loin dans sa démarche énergétique en investissant dans un deuxième tracker Okwind.
Une appli dédiée au tracker
« Avec l’appli du tracker, on peut forcer à distance la mise à plat de l’appareil », décrit le maraîcher Alexandre Luginbuhl. C’est utile lorsque les prévisions météo promettent une tempête, sachant que le tracker, équipé d’un anémomètre, se met à plat automatiquement dès que le vent dépasse 40 km/h. Ainsi couchés, les panneaux produisent encore, mais beaucoup moins. L’appli permet aussi de suivre ses niveaux de production et d’autoconsommation. Pour ceux qui décalent leurs process en fonction de la production solaire, par nature intermittente, l’appli fait aussi du prédictif solaire et permet de s’organiser. Ce n’est pas le cas de la Ferme de Torchy (cela est possible ou non selon les exploitations), mais d’autres clients Okwind le font, notamment en élevage laitier.
Bien choisir son tracker
Si un agriculteur est intéressé par un tracker, Okwind réalise une étude énergétique de la ferme, notamment en récupérant auprès de la plateforme SGE d’Enedis les données énergie, telles que les courbes de charge, pour comprendre les habitudes de consommation. Après analyse et visites techniques, Okwind suggère un modèle de tracker, avec ou sans batterie. Deux sont actuellement proposés, l’un de 17 kWc sur 75 m2, l’autre de 25 kWc sur 110 m2 (le tracker « ancienne génération » de la Ferme de Torchy, 22 kWc, n’existe plus).
La production varie selon les régions. « Le petit modèle produit autour de 33 à 34 MWh par an en Normandie et 38 à 39 MWh dans le sud de la France. Le grand modèle, 43 à 44 MWh en Normandie », chiffre Patrick Behêtre, responsable filières chez Okwind. Entre l’hiver et l’été, les écarts de production peuvent aller d’un à cinq.
Des aides régionales existent
Sans la batterie (25 kWh), le petit tracker coûte autour de 40 000 euros (70 000 euros avec batterie), le grand 50 000 euros (85 000 euros avec batterie). Il s’agit d’ordres de grandeur adaptés au fil des devis. « Certaines régions proposent des aides, informe Patrick Behêtre, comme la Bretagne et les Pays de la Loire. En Normandie, ils sont en pleine discussion. »