« L’immunité est dans l’assiette »

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Une ration équilibrée et distribuée au bon moment fournit l'énergie et les protéines nécessaires à la réaction immunitaire. Crédits : © L. Geffroy

Des défenses immunitaires solides nécessitent de l’énergie et des protéines, fournies par de bonnes pratiques alimentaires. Décryptage avec une vétérinaire.

Tout est une histoire d’équilibre entre des agents infectieux présents dans l’environnement, tels que des bactéries, des parasites ou des virus, et les défenses immunitaires de l’animal. Face aux agressions extérieures, l’organisme a trois lignes de défenses immunitaires. « Peau, muqueuses, salive, sébum… on a tendance à les oublier, pourtant ces barrières sont fondamentales », rappelle Valérie Wolgust, vétérinaire à l’école nationale vétérinaire d’Alfort, lors d’un webinaire Inn’ovin. « Si malgré ces stratégies, le pathogène entre dans l’organisme, une deuxième ligne de défense est sollicitée : c’est l’inflammation. » Des macrophages, de grosses cellules, vont englober et faire disparaître le pathogène. En troisième recours, l’organisme peut déclencher une réaction immunitaire spécifique, c’est-à-dire qu’il mobilise des cellules particulières face à un antigène auquel il a déjà été confronté.

L’immunité peut s’acquérir de deux manières. D’abord de manière passive, par transmission d’un organisme à un autre. « La plus connue est la transmission par le colostrum des anticorps de la mère vers l’agneau. » Elle peut aussi s’acquérir de manière active, suite à une infection ou à un vaccin.

La fin de gestation est à risque

L’immunité, qu’elle soit innée comme acquise, nécessite de l’énergie : « Tout ce qui entraîne un déficit énergétique impacte la fonction immunitaire », explique Valérie Wolgust. Les périodes les plus à risque pour les brebis sont d’une part, la mise à la reproduction et d’autre part, la fin de gestation, avec des risques de toxémie. Lors de cette période cruciale, la brebis exporte des vitamines et des oligoéléments vers son fœtus et le colostrum, ce qui peut affaiblir ses défenses immunitaires. Une ration riche en protéines est donc capitale durant cette période, pour préserver la santé de la brebis, la qualité de son colostrum et l’agneau à venir.

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Distribuer correctement la ration

« L’immunité passe d’abord par l’auge » rappelle la vétérinaire. Fourrages, eau, sel : chaque aliment composant la ration joue un rôle précis. Les fibres, d’abord, aident à maintenir des conditions optimales dans le rumen : « Plus on a de fibres, plus l’animal rumine, plus il produit de la salive, qui régule le pH du rumen et prévient l’acidose. » Elles forment aussi un maillage dans le rumen qui accueille les concentrés, tels que les céréales et les tourteaux, qui sont ensuite lentement digérés par les micro-organismes. Ces derniers ayant besoin de matière azotée et d’énergie pour digérer les fibres, elles doivent donc être apportées simultanément dans la ration. Les aliments apportés doivent donc avoir la même vitesse d’assimilation.

Les concentrés apportent de l’énergie et les protéines mais la vétérinaire alerte sur leur distribution : « Si plus de 600 grammes de concentrés sont distribués, mieux vaut faire deux repas journaliers. Les ovins sont gourmands, capables de manger bien plus de 600 grammes d’un coup. En cas de pic d’acidose, leur réflexe est d’arrêter de manger plutôt que de manger des fibres pour aller mieux. » Elle recommande de distribuer d’abord du fourrage, puis les concentrés une heure après, dans des quantités limitées.

Oligoéléments et vitamines

Un apport quotidien de sel, à hauteur de deux grammes par agneau et cinq grammes par brebis en lactation, permet une bonne régulation de la consommation en eau. Il favorise aussi la production de salive pour la stabilité ruminale. Quant aux oligo-éléments et aux vitamines, « on supplémente la brebis bien parce qu’elle produit des agneaux et du lait. Une mère carencée aura des agneaux carencés, qui a leur tour exprimeront des problèmes sanitaires, dont des défauts de réponses immunitaires. »

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
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