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"A l'embauche, j'avais une condition : avoir accès aux résultats de l'élevage "

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Benoit Clatot, salarié à l’EARL des Fresnes en Seine-Maritime. " Je n'imagine pas m'épanouir dans mon métier de salarié agricole sans tisser une relation gagnant-gagnant avec mon patron." Crédits : © B. Clatot

J’ai 35 ans et je suis salarié agricole depuis une douzaine d’années sur une exploitation de polyculture élevage où je m’occupe plus spécialement de la traite et des veaux. On me dit souvent que je suis un salarié atypique. Sans doute parce que je suis curieux. Lors de mon entretien d’embauche, j’avais une condition : avoir accès aux résultats technico-économiques de l’élevage. Je n’envisage pas de faire la traite, m’occuper des animaux, participer aux différents travaux de la ferme, sans avoir un retour sur l’évolution de la qualité du lait ou l’impact de telle ou telle pratique. Comment s’impliquer et rester motivé si on ne sait même pas si nos efforts ont payé ?

Mon employeur a su écouter mes requêtes et partage ces éléments. Chaque année, je participe aux différentes réunions de groupe organisées par le Bureau technique de la promotion laitière (BTPL) et aux voyages d’études du réseau European Dairy Farmer. Parfois, j’y vais même sans mon patron ! J’apprends beaucoup lors de ces journées et je reviens souvent avec des propositions à tester sur l’exploitation. C’est un moyen aussi de quitter un peu le pis des vaches et de prendre de la hauteur en découvrant d’autres élevages, d’autres techniques.

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Pour que cela fonctionne entre un patron et son employé, chacun doit y mettre du sien. Les salariés en posant des questions, en s’intéressant de près à la ferme. Les employeurs en se montrant à l’écoute et en se mettant à la place du salarié de temps en temps. L’emmener à certaines réunions, à des journées techniques ou des portes ouvertes n’est pas une perte de temps. Au contraire ! C’est l’occasion de le former, d’échanger ensuite sur ce que l’on a vu ou entendu et de se découvrir mutuellement dans un autre cadre. S’il joue le jeu, c’est 100 % gagnant ! Au début, j’étais le seul salarié présent lors des journées BTPL de notre secteur ; désormais, d’autres éleveurs ont pris le pli et viennent accompagnés de leur salarié, c’est encourageant !"

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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