“Notre résultat comptable est bon cette année, mais permet seulement d’atteindre l’équilibre sur les deux derniers exercices”, a relevé le président Denis Costerousse lors de l’assemblée générale de l’Adeca 15, réunie le 29 septembre à Murat. “Mais aujourd’hui, nous sommes reconnus et nous comptons bien peser dans l’organisation de l’agriculture cantalienne”. Les mauvais jours semblent derrière pour l’association d’éleveurs, qui a su faire preuve de rigueur et tenir sa fonction d’organisation de producteurs dans la mise en marché. Cette bonne santé a été d’ailleurs relevée par Jacqueline Fournier, représentant la DDAF. Le nombre d’adhérents de l’Adeca 15 reste stable avec 1 102 éleveurs (contre 1 119 un an plus tôt), dont 31 nouveaux et une légère progression du nombre d’acheteurs (219 en 2005). La répartition est homogène sur tout le département, permettant sur certaines productions de jouer les complémentarités et de bénéficier d’une diversité de produits. La catégorie principale reste le jeune bovin mâle destiné à l’engraissement.
Le nombre d’adhérents stable
La politique mise en place par l’association sur l’étalement des
ventes, le rajeunissement du produit et la segmentation de l’offre a
permis de réduire la fluctuation des prix et d’apporter de la valeur
ajoutée aux éleveurs. L’engraissement a concerné 12 800 animaux, avec
en 2005 une augmentation en vaches et une baisse en génisses. La
commission de mise en marché, qui regroupe les éleveurs et les
acheteurs, a donné satisfaction en fournissant des informations
synthétisées disponibles sur la messagerie Oribase avec des
orientations précises de prix par catégorie. Les prix appliqués se
situent dans la fourchette haute du marché. “Il y a cohérence entre les
orientations et les prix pratiqués”, s’est félicité Jean-Luc Lacombe,
membre du collège des acheteurs. “Nous devons travailler en confiance
pour que ce système serve au mieux les intérêts de chacun”, notait à
son tour Denis Costerousse. La filière conventionnelle du broutard
représente une part importante avec 32 000 animaux soit 70 % de
l’activité. Cependant, l’Adeca 15 s’est fortement engagée sur des
filières de qualité “pouvant tirer les prix vers le haut”. Parmi elles,
la filière broutard “Hérédia non OGM”. “Le label rouge salers doit marcher”
Mise en place courant 2005, la filière salers “Castel Viandes” a pour
intérêt de répondre à une démarche innovante en partenariat avec une
société privée d’abattage dans le but de fournir une chaîne de
restauration. Il s’agit d’approvisionner en broutards salers non-OGM
(445 qualifiés IBR en 2005) des centres d’engraissement du nord-ouest
de la France. Le label rouge “veau sous la mère”, qui concerne
principalement la Châtaigneraie et la Margeride, voit les apports
baisser depuis plusieurs années compte tenu de la réorganisation des
exploitations et de la charge de travail que cela implique. L’Adeca 15
souhaite soutenir cette filière susceptible de générer une plus-value
intéressante et dont le principal débouché reste celui des boucheries
artisanales. “Nous voulons nous impliquer dans les filières locales
avec l’association Viande qualité du Cantal pour l’obtention d’une IGP
sur le Boeuf du Cantal et en faveur du Label rouge salers”, a rappelé
M. Costerousse. À propos du Label rouge salers justement, le président
de l’Adeca 15, habilitée à qualifier les élevages (seulement 6 animaux
commercialisés en 2005 !), a précisé sa pensée : “Il n’y a pas de
raison que ce label ne fonctionne pas à l’image des résultats pour
l’aubrac. Cependant, le cahier des charges doit évoluer car certains
points n’ont rien à voir avec la qualité de viande recherchée. Le label
ne doit plus être réservé aux seules boucheries artisanales mais aussi
à la grande distribution”.
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