Limiter le réchauffement climatique à +2 °C, c’est encore possible. C’est tout l’enjeu de la Conférence internationale sur le Climat COP21 qui va se tenir à Paris début décembre. L’élevage a un rôle à jouer, même si, en cette période de crise, l’environnement ne semble pas la priorité.
Pourtant, au contraire, les éleveurs ont tout à gagner en s’engageant dans la voie de la réduction des gaz à effet de serre (GES) sur leur exploitation. Car non seulement des solutions existent, mais elles sont aussi souvent génératrices de revenu. Alors pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups ?
La filière s’est fixé comme objectif de réduire de 20 % les émissions de GES à échéance 2025. Elle a pour cela initié en 2013 un plan d’actions Carbon Dairy, porté par l’interprofession. Un projet volontaire et à la carte pour les éleveurs, associant cinquante partenaires et 4 000 élevages.
Un outil, CAP2ER, a été développé. Ce dernier identifie les postes responsables des émissions de GES et calcule les performances environnementales des élevages. Son originalité tient aussi au fait qu’il évalue le gain économique généré par les différents leviers d’action possibles. Ces derniers n’ont rien de très original. Ils correspondent à ceux habituellement travaillés pour réduire les charges et améliorer le coût de production, comme la meilleure valorisation des effluents d’élevage, la réduction du nombre d’animaux improductifs, les légumineuses, l’autonomie alimentaire, les économies d’énergie, etc.
À travers les reportages de ce dossier, des éleveurs illustrent la mise en oeuvre de ces leviers. À l’EARL Hirrien par exemple, où avancer l’âge au vêlage de 28 à 25 mois a réduit les émissions de GES de 5 % et fait économiser 5 euros pour 1000 litres.
Ou au Gaec Emergence qui parvient à économiser 17 euros pour 1 000 litres en optimisant son système de production. Des marges de progrès sont présentes dans toutes les exploitations, quels que soient les systèmes.
Chaque levier permet de réduire les émissions de GES de 2 à 3 %. C’est la somme de petites actions sur chaque élevage qui permettra d’atteindre les objectifs de filière. Pour impliquer les 60 000 élevages laitiers français et les transformateurs, l’interprofession lance dès cet automne la Ferme laitière bas carbone, avec à la clé, 2 millions de tonnes de CO2 économisées en dix ans.
SOMMAIRE DU DOSSIER
Page 32 : Réduire de 20 % l’empreinte carbone du lait d'ici 2025
Page 34 : Tour d’horizon des leviers éco-profitables pour réduire l'empreinte carbone
Page 38 : Des élevages améliorent leurs pratiques
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.