Le gain génétique en blé tendre est estimé à 0,54 quintal par hectare et par an entre 1987 et 2023, d’après une analyse d’Arvalis. Mais la multiplication des accidents climatiques empêche cette progression du potentiel des variétés de se traduire pleinement dans les rendements.
Les rendements moyens de blé tendre stagnent en France depuis plusieurs années. Pourtant, la sélection variétale continue de faire progresser le potentiel des cultures, comme en témoigne l’analyse réalisée par Arvalis à partir de quarante ans de données issues des réseaux d’essais de post-inscription.
Entre 1987 et 2023, le progrès génétique sur le rendement du blé tendre est ainsi estimé à + 0,54 quintal par hectare et par an (q/ha/an), sans aucune rupture de pente sur la période. Pourtant, les rendements observés dans les parcelles ne suivent plus cette progression depuis le début des années 1990. Le progrès génétique est en partie absorbé par la dégradation des conditions de production avec des accidents climatiques de plus en plus fréquents (stress hydrique, épisodes de forte chaleur en fin de cycle...).
Une génétique qui limite les pertes liées aux conditions climatiques
Le progrès génétique permet de maintenir une partie du potentiel de rendement, mais ne suffit pas toujours à compenser ces nouvelles contraintes. Une variété récente peut afficher un potentiel supérieur à celui d’une variété plus ancienne, sans pour autant permettre d’obtenir un rendement plus élevé chaque année. Sans l’amélioration variétale, les rendements auraient probablement davantage reculé.
Pour faire face à l’augmentation de la fréquence des accidents climatiques de fin de cycle, les sélectionneurs font évoluer la précocité des variétés. Les données analysées montrent une diminution nette du nombre de variétés de blé tendre tardives inscrites chaque année. La cotation moyenne de précocité à épiaison est passée de 6 au début des années 2000 à 6,5 aujourd’hui. L’objectif est de permettre au blé d’achever plus tôt les phases sensibles de son développement, avant les épisodes de fortes températures ou de déficit hydrique qui peuvent pénaliser le remplissage du grain.
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Depuis plusieurs décennies, le niveau moyen de résistance des variétés de blé tendre aux principales maladies progresse. Les variétés multirésistantes sont également plus nombreuses. Entre 2005 et 2022, la note moyenne de résistance à la septoriose des variétés effectivement cultivées en France a ainsi progressé de 1,1 point.
Sur la même période, le niveau de résistance au piétin-verse a également gagné 1,1 point et celui vis-à-vis de l’accumulation de DON, 0,7 point. La sélection progresse également sur d’autres bioagresseurs. Entre 20 et 30 % des variétés de blé tendre inscrites chaque année sont résistantes à la cécidomyie orange, environ 20 % présente par ailleurs une résistance aux mosaïques.
Le rendement progresse sans sacrifier la protéine
Les travaux de sélection menés depuis une vingtaine d’années montrent que la GPD, ou « grain protein deviation », qui permet d’évaluer la capacité d’une variété à produire davantage de protéines à rendement équivalent, progresse nettement depuis 2004. La progression moyenne est estimée à + 0,035 point de protéine par an. Grâce à cette évolution, la dilution de la teneur en protéines liée à l'augmentation des rendements a été limitée. Autrement dit, les nouvelles variétés valorisent mieux l’azote.
Le poids spécifique (PS) a lui aussi progressé régulièrement depuis 2003. La note moyenne des variétés inscrites est passée de 4,5 à plus de 6 en 2023. La sélection a également amélioré les caractéristiques technologiques des blés panifiables, notamment la qualité du gluten et le comportement à la panification.