Cinq associations ont lancé ce 2 novembre un appel pour faire de la santé des sols une « priorité nationale ». Ce « pacte » a pour objectif d’éclairer le débat politique sur le sujet en vue des élections présidentielle de 2027.
« Faire des sols vivants une priorité nationale », c’est l’objectif du pacte lancé ce 2 novembre par cinq associations : l’Apad (promotion de l’agriculture de conservation des sols), Base (réseau d’agriculteurs sur la conservation et la régénération des sols), Bleu-Blanc-Cœur, Earthworm Foundation (ONG sur la transition des chaines d’approvisionnement en matières premières), et Pour une Agriculture du Vivant. À travers cette initiative, elles souhaitent promouvoir les pratiques de conservation des sols dans le débat politique, en vue des élections présidentielle de 2027. Quatre principaux engagements y sont présentés.
Inscription des pratiques de régénération et de conservation des sols dans le code rural
Les organisations appellent d’abord à faire de la régénération et de la conservation des sols agricole une « priorité des politiques publiques » et un « objectif stratégique ». Elles souhaitent notamment inscrire le potentiel de ces pratiques dans le Code rural et de la pêche maritime.
Vers un observatoire français de la santé des sols agricoles ?
Un deuxième engagement propose de créer un observatoire français de la santé des sols agricoles, qui serait reconnu dans le cadre de la Directive européenne sur la surveillance des sols. L’objectif est d’aboutir à un « langage commun » entre agriculteurs, scientifiques, politiques et pouvoir publics sur la santé des sols, pour mieux « piloter » la transition des exploitations. Les associations ajoutent que cela permettrait aussi de faire reconnaître les « qualités nutritionnelles, environnementales et sensorielles » des produits issus dans les dispositifs publics, comme la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), le Programme national nutrition santé (PNNS), ou l’affichage environnemental.
La conservation des sols comme priorité de l’enseignement agricole
Un troisième engagement concerne la formation agricole, où le pacte souhaite que ces pratiques de régénération et de conservation des sols deviennent un « socle prioritaire », notamment dans le plan « Enseigner à produire autrement ».
Partager le risque financier des agriculteurs qui s’engagent dans la transition
Le quatrième engagement appelle à partager le risque financier pris par les agriculteurs qui s’engagent dans la transition vers ces pratiques, avec les filières, les pouvoirs publics et les acteurs assurantiels. Les associations demandent de mobiliser les « plans prioritaires pluriannuels de transition » créés par la loi d’orientation agricole, pour financer les exploitations en transition. Et proposent de créer un « mécanisme de couverture des pertes de récolte directement imputables aux changements de pratiques », qui serait cofinancé par l’État, les filières et les assureurs. Pour les agriculteurs déjà engagés, le pacte suggère de pérenniser et généraliser sur le territoire les paiements pour services environnementaux (PSE).
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Faire de la France la « référence européenne en matière de régénération et de conservation des sols agricoles » à l’horizon 2035
Les cinq associations ambitionnent de faire de la France « la référence européenne en matière de régénération et de conservation des sols agricoles » à l’horizon 2035. En ce sens, le prochain quinquennat sera « décisif », soutiennent-elles, notamment pour la transposition de la directive européenne sur la surveillance et la résilience des sols prévue d’ici à 2028, ou la mise en œuvre des « plans prioritaires pluriannuels de transition » issus de la Loi d’orientation agricole (LOA).
Différentes personnalités ont soutenu ce pacte, comme le biologiste Marc-André Sélosse, l’agroclimatologue Serge Zaka, la chercheuse en science du sol et biogéochimie Claire Chenu, l’agricultrice Sarah Singla, ou l’agriculteur Frédéric Thomas, fondateur de la revue Techniques Culturales Simplifiées (TCS). Les cinq associations appellent désormais les candidats à l’élection présidentielle de 2027 à « prendre des engagements concrets » sur ces quatres priorités, en vue de déployer les solutions de régénération et de conservation des sols agricoles à l’échelle nationale.