Aller au contenu principal

Comment augmenter le prix de ses vins ?

L’envolée des coûts oblige à repenser le tarif de ses vins. Voici six conseils pour adapter ses prix, recueillis auprès de Fabrice Chaudier, conseiller et formateur en commerce, marketing et stratégie du vin.

Avant toute décision sur l'évolution du tarif, définir l'impact de la hausse des coûts à la bouteille est une première étape essentielle, selon Fabrice Chaudier, conseiller et formateur en commerce, marketing et stratégie du vin.
Avant toute décision sur l'évolution du tarif, définir l'impact de la hausse des coûts à la bouteille est une première étape essentielle, selon Fabrice Chaudier, conseiller et formateur en commerce, marketing et stratégie du vin.
© C.Gerbod

1 Commencer par une approche comptable

« Ce qui est important, c’est d’évaluer au niveau comptable l’impact réel de la hausse des coûts sur le prix à la bouteille. C’est indispensable pour ne pas la surévaluer, notamment celle des matières sèches », estime Fabrice Chaudier.

Les vins plus chers étant moins sensibles aux hausses de prix, il peut être judicieux d’augmenter plus fortement la ou les cuvées haut de gamme pour garder le vin entrée de gamme qui fait les plus gros volumes à son prix, ou proche de son prix initial. Là encore, un calcul comptable est à faire en fonction des volumes concernés.

2 Ne pas perdre de vue le prix de vente au consommateur

Pour Fabrice Chaudier, la maîtrise du prix de vente consommateur (PVC) est essentielle. « Dans une relation commerciale normale, c’est celui qui signe le vin qui doit en maîtriser le prix. C’est difficile à assumer mais c’est très important. Si l’on a des intermédiaires, il faut que ça soit des partenaires », pointe-t-il.

Il alerte sur le risque d’avoir un intermédiaire qui va amplifier la hausse de prix sans raison. « Si je ne sais pas à quel prix sont vendus mes vins, je prends un risque », insiste-t-il. Le prix participe à l’image globale du vin et s’il y a un décalage, le consommateur l’attribuera au producteur du vin plutôt qu’aux intermédiaires.

3 Raisonner en termes de positionnement

Veiller à ce que la hausse du prix ne modifie pas le positionnement du vin est un point essentiel. « Passer un seuil psychologique, par exemple 10 euros, risque d’avoir un fort impact », prévient le spécialiste.

L’accompagnent de la hausse est alors encore plus indispensable : « il est souhaitable d’investir dans tout ce qui peut permettre de travailler le consentement de l’acheteur : aide à la revente, animation, formation… ». Il incite aussi à se poser la question collectivement du positionnement de l’appellation dont on fait partie.

4 Négocier sur le positionnement plutôt que le prix

« Avec les interlocuteurs commerciaux, il faut commencer par négocier un positionnement plutôt qu’un tarif. Le tarif est une conséquence du positionnement. Un distributeur aura toujours tendance à trouver qu’un prix est trop cher, mais il jugera plus facilement un positionnement. Il pourra estimer, par exemple, que le vin proposé est un bien positionné à 9 ou 10 euros », détaille-t-il.

5 En profiter pour rafraîchir son offre

Un changement de tarif est une occasion à saisir pour « rafraîchir la présentation du vin », faire évoluer la bouteille ou encore modifier les étiquettes. Il importe bien sûr de garder une cohérence entre le contenant et le contenu. « Opter pour une version allégée des bouteilles, ça permet de limiter les coûts et c’est aussi un geste de communication lorsque l’on est engagé dans des démarches environnementales bio et RSE », suggère-t-il.

À éviter : faire un choix qui va déprécier l’image du vin si on est sur un positionnement haut de gamme ; risquer de perdre un marché et devoir se lancer dans un long processus de prospection pour le compenser.

6 Adapter sa communication

« Lorsque l’on a peu augmenté ses tarifs depuis dix ans, il faut faire une opération vérité. Aujourd’hui, les consommateurs et les acheteurs sont prêts à accepter une hausse des tarifs », estime Fabrice Chaudier. Mais avec un accompagnement. Le consommateur doit être avant tout réassuré sur le fait que le prix correspond à ce qu’il a dans la bouteille.

« Pour l’acheteur de grande distribution, il faut être clair. Parfois on se bat pour quelques centimes mais pour le vin, ce n’est pas comme pour les produits de grande consommation ; le consommateur est plutôt sensible à des seuils en euros », plaide le conseiller en stratégie de commercialisation. Pour lui, passer de 9,20 à 9,90 euros ne change pas énormément pour le consommateur car il achète une fourchette de prix.

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Photo de Céline Tissot, vigneronne en Bugey, pose dans ses vignes.</em>
Dans l'Ain : « Les liens en osier pour attacher la vigne ne nous coûtent que du temps »

À Vaux-en-Bugey, dans l’Ain, Céline et Thierry Tissot ramassent leurs osiers, qu’ils utilisent lors du liage de la vigne.…

Cave Arnaud de Villeneuve dans les Pyrénées-Orientales
Pyrénées-Orientales : deux importantes caves coopératives de vinification en redressement judiciaire

À court de trésorerie, la cave Arnaud de Villeneuve et le GICB, qui représentent 20 % des volumes de la coopération…

<em class="placeholder">Vigneron devant son ordinateur consultant un logiciel de gestion de parcelles nomme Wine2process. Programme informatique de gestion parcellaire pour la viticulture.</em>
Registre phytosanitaire numérique : comment être en règle au 1er janvier 2027 ?
À partir du 1er janvier 2027, les viticulteurs devront tenir leur registre phytosanitaire sous format numérique. Quelles…
[Vidéo] Rentabilité en Savoie : « Mon meilleur investissement sur mon exploitation viticole est une brosse de désherbage multiclean »

Laurent Reynaud, vigneron coopérateur à Ruffieux, en Savoie, a investi dans une brosse multiclean Clemens il y a 3 ans, qui…

VIDEO. Pellenc – L’Optimum XXL80, la récolte en grande taille

Pellenc complète par le haut son catalogue d’automotrices de récolte avec l’Optimum XXL 80, pour le raisin, les olives et les…

<em class="placeholder">Pulvérisateur avec panneaux récupérateurs Dagnaud</em>
La réglementation doit encourager les pulvérisateurs viticoles plus vertueux

Les autorisations de mise sur le marché devraient favoriser l’achat d’équipements de pulvérisation réduisant la dérive. Ce n’…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole