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Volaille : réorganisation dans le Nord autour d’Unavi

En s’appuyant sur ses partenaires d’amont et d’aval, la coopérative Uneal réorganise sa filière volailles au nord de la France. La création d’Unavi symbolise la vaste redistribution de la filière locale. 

Le groupe coopératif Unéal basé à Arras, réorganise sa filière régionale de volailles autour d’Unavi. Cette nouvelle organisation de production a été créée en juillet 2003, notamment sur les fondements d’Aviplus et d’Avinord. Aviplus est la société de commercialisation des volailles du groupe Uneal dont Glon-Sanders et la Sogal (société des grains et aliments) sont également partie prenante. Avinord est pour sa part l’ancienne filière concurrente de la coopération régionale mise en place dès 1980 par Prévital-Guyomarc’h dans la région Nord-Pas-de-Calais. Il aura fallu près de deux années d’efforts pour arriver à ce projet qui réunit des éleveurs autrefois concurrents, mais qui renforce une filière fragilisée par des crises successives.

Unavi réunit désormais 324 éleveurs à la fois producteurs de poulets et de dindes. La surface d’élevage totalise 300 000 m2 de poulaillers sur les sept départements du nord de la France Il s’agit des départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l’Aisne, de l’Oise, de la Seine-Maritime et des Ardennes. et met en œuvre 90 000 tonnes d’aliments du bétail. Parmi ces 324 éleveurs, 174 d’entre-eux produisent des « volailles standard » sur une superficie de 220 000 m2. Quant aux 150 éleveurs restants (81 000 m2), ils produisent des volailles « label et tradition » à partir des organisations comme Norvolailles, Licques ou Bellebrune.

Rationnaliser l’amont de la production

Dans ce projet, Uneal et Prévital-Guyomarc’h se sont mis d’accord pour rationaliser l’amont de la production. L’essentiel de ce montage repose donc sur l’accord d’Uneal pris avec le groupe Evialis (ex-Guyomarch) contrôlé actuellement aux deux tiers par BNP Paribas. C’est ainsi que sur les 90 000 tonnes d’aliments, le tiers sera fourni par Evialis à partir de son usine de Neuville-sur-Escaut, les deux tiers restants étant fabriqués par l’ex-usine Duriez de Bourbourg située près de Dunkerque et spécialisée dans la volaille. Elle est la propriété du groupe Unéal depuis plusieurs années. « Le volume sous-traité à Evialis sera fabriqué selon les formules Uneal, avec les premix Uneal, le transport sera assuré par la logistique Uneal et le suivi technique par les techniciens Uneal… » a expliqué récemment B. Decherf, responsable productions animales au groupe Uneal.

A l’ouest de la région, les éleveurs seront approvisionnés par l’usine de Bourbourg. A l’est, ce sera à partir de l’usine de Neuville-sur-Escaut, près de Cambrai. Une meilleure organisation qui devrait permettre la réduction des frais de logistique notamment. En ce qui concerne l’abattage des poulets, la production standard sera toujours dirigée vers les trois ou quatre abattoirs belges, dont l’abattoir Flandrex de Mouscron qui avait pris en charge les volailles françaises au moment de la peste aviaire en avril 2003. La production label, restant pour sa part la maîtrise des filières Licques, Bellebrune et Norvolailles.

L’abattoir Synavi de Lens en sort renforcé

Mais ce projet permet surtout de renforcer l’abattoir Synavi de Lens, propriété du groupe Gastronome (groupe coopératif Terrena, ex Cana d’Ancenis). C’est l’un des seuls outils spécialisés dans l’abattage de dindes qui subsiste au nord de la France, notamment après la fermeture de l’abattoir appartenant au groupe Doux et implanté à Bapaume (62). C’est pourquoi Aviplus, la structure de commercialisation d’Uneal qui possède conjointement une participation financière avec le groupe Glon-Sanders dans cet abattoir de dindes a revu sa participation financière. L’abattoir achève actuellement d’importants investissements.

Aviplus (Uneal et Glon-Sanders) est désormais actionnaire à 49 % de cet outil industriel, les 51 % restants appartenant au groupe Gastronome. Désormais, la destinée des deux groupes est scellée en matière d’abattage de dindes.

80 000 dindes T9 rentrent chaque semaine dans l’abattoir pour le marché allemand. Pour Gastronome, dont tous les principaux outils de transformation sont implantés en Pays de Loire, l’abattoir de Lens représente une formidable tête de pont pour aborder les marchés du nord de l’Europe (Allemagne et Pays-Bas notamment). En matière de salades quatrième gamme, Florette n’a pas fait autre chose en décidant voici un an son implantation à Cambrai.

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