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Volaille : la production fait face à la baisse de la consommation

Les consommateurs frileux, l’industrie surgèle et les éleveurs serrent les dents. Premières conséquences économiques du mythe H5N1.

La sur-médiatisation du risque de grippe aviaire atteint la consommation de viande de volaille dans le sud de l’Europe, mais en Allemagne et en Belgique, pays réputés moins sujets aux psychoses. Cela varie selon les types de produits et les circuits de commercialisation. Tandis que les exportations sur pays tiers ne seraient pas touchées.

L’enseigne Carrefour en Belgique vient ainsi de constater une baisse de 20 à 25 % de ses des ventes de volailles ; un constat qui se rapproche de celui de la FCD en France (25 %). Dans certains restaurants touristiques de Belgique et d’Allemagne, les convives boudent les plats de volailles les moins élaborés, d’après des témoignages glanés par l’AFP.

La FCD enregistre 30 % à 45 % pour les poulets entiers, labels en tête, et même jusqu’à 50 % dans une enseigne pour les poulets à rôtir ; mais seulement 15 % à 20 % pour les produits à la découpe (cuisses, ailes) et 10 % pour les produits élaborés. Toutes les espèces sont à peu près également touchées, selon le président Bédier. Cependant, la pintade semble jouir d’une situation particulière, selon son comité interprofessionnel. Bien que très vulnérable car vendue à près de 90 % entière, elle serait perçue comme une alternative au poulet ou soutenue par des amateurs fidèles, conjecture un observateur.

Les industriels réagissent différemment selon leur positionnement commercial. Le groupe Doux, leader mondial à l’export de volailles et de produits élaborés, met l’accent sur sa filière surgelée pour compenser une moindre activité dans le frais (-20 %), qui comprend la découpe, la mise en barquettes, le filmage et l’étiquetage, informe Cyrille Arcamone, en charge de la communication du groupe.

Quant aux exportations sur pays tiers, il ne perçoit pas d’effet de la grippe aviaire. Des mesures d’aménagement de la production comprenant du chômage partiel seront présentées jeudi prochain lors d’un comité central d’entreprise, a appris l’AFP de source syndicale. Les mesures de chômage partiel devraient concerner les unités de production de produits frais et élaborés pour la période allant du 7 novembre jusqu’à la fin de l’année, si la crise perdurait. Dans un premier temps, Doux a pris des mesures d’adaptation sur l’organisation du travail par le biais notamment des jours de congés.

Chez Arrivé, la direction commerciale constate un maintient relatif de ses ventes de surgelés en Home service et freezer centers ainsi que dans la restauration hors domicile. Quant aux produits élaborés, le fléchissement de 10 % de la semaine passée s’estompe. Enfin, les ventes en restauration semblent mieux orientées. Hormis en Label rouge, peu d’abattages sont reportés. Le groupe recourt donc au déclassement et au stockage, faisant appel à la sous-traitance. Le personnel connaît quelques réductions d’horaires et récupère des RTT après une période d’activité supérieure, informe la direction. Socavi (Unicopa) joue de la synergie entre ses trois sites, aux dépens du frais et maintient le volume de travail. LDC recourt à moins d’intérim, apprend-on de source agricole.

Duc, enfin, montre sa vulnérabilité en décidant de ne pas renouveler les contrats à durée déterminée (CDD) de 40 employés (sur 800). Pour le moment, l’entreprise congele les 30 % des 500 000 poulets hebdomadaires. « Mais les poulets congelés sont vendus de 30 % à 50 % moins cher que les frais », souligne son porte-paroleYves Stunic.

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