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Volaille : la filière turque en plein marasme

La crise frappe de plein fouet le nord-ouest du pays, où sont concentrés l'élevage et l'industrie.

     La propagation de la grippe aviaire en Turquie a entraîné une baisse drastique de la consommation locale de volailles, menaçant la survie d'un secteur qui emploie des dizaines de milliers de personnes, estiment les spécialistes. « La consommation de volaille est tombée de près 70%. Le secteur est touché en plein cœur», selon Yüce Canoler, secrétaire général de l'Union des industriels de la volaille (BESD-BIR) qui regroupe les principaux producteurs de volailles dans le pays. Dans les jours qui ont suivi le décès des deux adolescents d'une même famille du l'est du pays dû au virus H5N1, début janvier, la consommation de poulet est tombée à son plus bas niveau jamais enregistré, soit à 10% de la consommation habituelle, explique M. Canoler. La Turquie est le premier pays touché par la forme humaine de la maladie en dehors de l'Asie de l'Est et du Sud-Est.

Plus de 300 000 volatiles, la très grande majorité provenant de petits poulaillers, ont été abattus depuis que la maladie a réapparu fin décembre dans l'est du pays. « Cette deuxième vague de baisse pourrait avoir raison de notre secteur», déplore le spécialiste, en référence à la première apparition du virus dans un élevage de dindes du nord-ouest du pays en octobre. Les autorités avaient annoncé avoir triomphé de cette maladie début décembre, sans qu'elle infecte les humains.

Le nord-ouest industrialisé du pays, notamment la ville de Bandirma, abrite de grandes installations de volailles qui comptent environ pour 60% de la production turque.

Le poulet représente 98% de la production, le reste se répartissant entre oies, dindes et canards. Les Turcs ont consommé en moyenne 13,5 kg de volailles par tête d'habitants en 2005, selon les chiffres des producteurs, mais cette année, cette consommation devrait dégringoler.

Les pertes du secteur sont estimées à100 M E

Pour M. Canoler, la crise risque de se prolonger et devrait affecter durement le secteur, qui génère un chiffre d'affaires de près de 3 milliards de dollars (2,5 milliards d'euros) par an et constitue une source de revenus pour environ 500 000 éleveurs, transporteurs et autres détaillants. Il estime les pertes du secteur -déjà soutenu par des subventions- depuis la découverte du premier cas de grippe à quelque 100 millions d'euros (121 millions de dollars). Des réunions sont en cours entre producteurs et autorités gouvernementales afin de pallier aux dégâts pour le secteur, a-t-on appris auprès au ministère de l'Agriculture. Ankara devrait annoncer samedi une série de mesures -subventions et crédits à faible taux- en faveur des producteurs.

Rédaction Réussir

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