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Production
Vin : un retour relatif à l’abondance

La vendange 2018 promet d’être relativement abondante, après un tout petit millésime 2017. Mais la situation est plus contrastée qu’il n’y paraît, avec de grosses différences d’une catégorie et d’une région à l’autre.

La production de vins AOP est annoncée en hausse de 26% (source Agreste).
© DR

Le millésime 2018 permettra aux vignerons et négociants français d’approvisionner normalement leurs marchés après un millésime 2017 d’une faiblesse record en volume. Le 20 août dernier, le ministère de l’Agriculture annonçait une prévision de récolte de 46,1 millions d’hectolitres (Mhl), soit une progression de 25 % par rapport à l’année dernière, et une augmentation de 5 % sur la moyenne quinquennale. Quelques jours plus tard, Jérôme Despey, le président du conseil viticole de FranceAgriMer, apportait un sérieux bémol à ces chiffres. Les professionnels se montrent en effet beaucoup plus prudents, avançant une estimation inférieure de 1,6 Mhl, à 44,5 Mhl, soit à peine au niveau de la moyenne quinquennale.

Les estimations se révèlent en outre très contrastées quand on y regarde dans les détails. Le rebond de certaines catégories est incontestable. C’est le cas de la production de vins AOP dans son ensemble (+26 %, selon Agreste), mais aussi des vins destinés aux eaux-de-vie (+27 %), ou encore des vins sans indication géographique (+60 %), un segment délaissé par le vignoble français ces dernières années au risque de perdre des parts de marché à l'étranger.

Parmi les régions, la Champagne attend une récolte particulièrement favorable, avec une estimation de 3,5 millions d’hectolitres. « La vendange, qui s’annonce généreuse en volume et d’un bon niveau qualitatif, devrait permettre de reconstituer la réserve interprofessionnelle, largement utilisée au cours des deux dernières campagnes », se félicite le comité Champagne, qui a déterminé fin juillet un rendement commercialisable de 10 800 kg/ha, comme en 2017. Le Bordelais, autre vignoble pénalisé ces dernières années par de faibles récoltes, retrouverait également des niveaux de production élevés, avec 5,7 Mhl, selon Agreste. Une prévision jugée trop optimiste par les professionnels qui évoquent le chiffre de 5 millions d’hectolitres.

Le Midi à la traîne

La situation est moins favorable pour les vignobles du pourtour méditerranéen. Le premier vignoble français, le Languedoc-Roussillon, a subi d’importantes pertes dues au mildiou et à la grêle. Agreste et les professionnels convergent sur une prévision de 12 Mhl, soit un chiffre inférieur à la moyenne quinquennale. Ils s’accordent également sur la production du Sud-Est, qui s’élèverait à 4,7 Mhl, un chiffre en recul de 11 % sur la moyenne des cinq dernières années. La relative faiblesse de la production du Midi pénaliserait le segment des vins IGP, une catégorie particulièrement porteuse ces dernières années.

Nous avons désormais du mal à passer la barre des 45 Mhl

Au-delà de l’aspect conjoncturel, les prévisions relatives à la vendange 2018 font apparaître un affaiblissement régulier du potentiel viticole français, malgré des surfaces stables. « Même en l’absence d’incidents climatiques notables, nous avons désormais du mal à passer la barre des 45 Mhl, alors que nous dépassions facilement les 50 Mhl il y a encore 15 ou 20 ans », constate Jérôme Despey. Une analyse que confirme l’évolution de la vendange depuis deux décennies et interroge sur les causes de l’affaiblissement des rendements.

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