Vin : un label «France» pour exporter
Simplifier l'offre, mettre en place un label «France» à l'export, aider à la restructuration et à la reconversion de la filière et distiller 4 millions d'hectolitres. Telles sont les principales mesures annoncées par le ministère pour sortir la viticulture de la crise. Devant les représentants des bassins viticoles, Dominique Bussereau a présenté mercredi son plan de stratégie nationale et de réforme de la filière viticole, fondé sur les propositions du préfet Bernard Pomel. Ce plan, orienté sur quatre axes, prolonge le consensus établi dans la filière le 21 juillet 2004 qui n'avait pas été suivi d'effets. Pour mieux adapter l'offre aux attentes du marché, le ministre propose d'assouplir les conditions devant être respectées par les appellations d'origine régionales, de supprimer la catégorie appellation d'origine des vins délimités de qualité supérieure (AOVDQS), de simplifier et rendre cohérentes et plus transparentes les procédures d'agrément et de contrôle de l'INAO.
Les copeaux autorisés
Par ailleurs, l'utilisation de copeaux de bois, déjà autorisée par Bruxelles, sera traduite dans la réglementation nationale. Les AOC qui le souhaitent pourront se l'interdire. Pour répondre aux évolutions de consommation, le ministère permet par ailleurs la désalcoolisation (dans la limite de 2% volume) des vins conformément aux pratiques admises par l'OIV. Enfin, le recours aux moûts concentrés rectifiés sera encouragé.
A l'exportation, un plan d'accompagnement de la filière française de 12 M Eur est mis en place. Ce plan s'appuiera sur des panels et des études de marché et sur le lancement d'une marque et d'un logo «France». La marque existe déjà et appartient à l'office des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture (Viniflhor).
Le plan de Dominique Bussereau consacre aussi une enveloppe de 38 M Eur pour apporter des aides d'urgence aux viticulteurs en difficulté et « accompagner les restructurations». Certains viticulteurs pourront bénéficier de préretraites. Des soutiens publics sont également prévus pour le regroupement et la restructuration des entreprises coopératives, de négoce et de mise en marché.
Les trois axes de ce plan sont conditionnés à un point essentiel : l'assainissement du marché. Dominique Bussereau a demandé une distillation exceptionnelle de 2 M d'hl d'AOC et de 2 M d'hl pour les vins d'appellation et les vins de table. « La Commission européenne examine actuellement la demande française et la conditionne à la mise en œuvre d'un plan stratégique de réforme, et à l'efficience du dispositif de distillation», prévient le ministère dans un communiqué.
Pour suivre la mise en place de cette stratégie nationale, il sera créé un conseil national de la viticulture française. Ce conseil se réunira avant le 1er juillet afin de proposer au ministre les conditions de réalisation de la campagne 2006/2007, notamment en matière de rendements.