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Veaux d’engraissement : la sortie du tunnel

L’année 2007 a été une année très difficile pour la filière des petits veaux d’engraissement. L’influence de la filière lait sur ces derniers peut laisser penser que cette situation ne saurait tarder à évoluer positivement tout en conservant, a priori, la fermeté des cours des veaux de boucherie

L’année 2007 a terminé par une disparité des cours flagrante entre les petits veaux et les veaux de boucherie. A savoir des tarifs en hausse depuis début 2007 pour les veaux de boucherie (malgré un léger repli de 3 centimes en février 2008), et cours en chute libre pour les petits veaux d’engraissement.

Si l’on revient brièvement sur les causes de cette disparité, il apparaît clairement que la crise que traverse l’amont de la filière est directement liée à une stratégie commerciale provenant de l’aval de cette dernière. Selon l’Office de l’élevage, sur l’année 2007, cette situation a été engendrée par le maillon intermédiaire de la filière. En effet, depuis début 2007, la conjoncture de la filière laitière a fait augmenter fortement le tarif des aliments des petits veaux. A titre indicatif, la moyenne de l’indice Imfal (indice des matières entrant dans la fabrication des aliments laitiers) sur l’année 2007 est passée à 190,22 contre 124,95 en moyenne pour l’année 2006, soit une augmentation de plus de 34 %.

Les intégrateurs, inquiets de la hausse fulgurante du prix de leurs coûts de production, ont décidé de limiter leurs achats, faisant ainsi chuter les cours des veaux de huit jours. Les producteurs se sont alors retrouvés pris en étau entre des prix de vente dérisoires et une demande limitée pour une production qui continuait à s’accumuler.

Parallèlement, cette stratégie commerciale a permis aux intégrateurs de faire baisser leurs offres en veaux de boucherie, entrainant une flambée de leurs cours —jusqu’à 6 euros net le kilo!— et restaurant ainsi leurs marges. Une tendance qui se confirme depuis plusieurs semaines, le coût de l’aliment revenant à des niveaux plus acceptables.

Un espoir à travers la filière lait et son évolution

En semaine 6 de 2008, l'Imfal est en recul de presque 10 % par rapport à la même semaine de 2007. En effet, le tarif du lactosérum a chuté de presque 50 % en semaine 4 de 2008 par rapport à la même période en 2007. Et les cours des poudres de lait sont globalement en repli depuis l’année dernière. Une tendance qui devrait se poursuivre, les éleveurs laitiers souhaitant profiter de l’embellie sur le marché du lait. Les perspectives sont ainsi à la baisse du tarif de l’aliment veau, à moyen terme, ce qui pourrait inciter les intégrateurs à revenir aux achats.

Toutefois les perspectives d’évolution du troupeau laitier laissent à penser que les naissances vont significativement diminuer. Selon Agreste, la structure du cheptel lui-même ne favorise pas de nouvelles naissances, que ce soit en

raison d’un cheptel vieillissant ou de génisses se faisant de plus en plus rares.

La possible relance des entrées des petits veaux en ateliers d’engraissement pourrait être limiter par une certaine faiblesse de l’offre intérieure. Mais aussi étrangère, compte tenu des contraintes FCO au sein de l’Union et l’absence d’échanges avec les pays tiers.

Un tel contexte pourrait par conséquent avoir un effet de levier sur les cours des petits veaux, tout en maintenant, du moins à moyen terme, les tarifs des veaux de boucherie, peu disponibles.

Quoi qu’il en soit, chacun se devra de trouver le bon équilibre entre ses disponibilités et la demande du moment. Et cela d’autant plus que la viande de veau est déjà jugée très onéreuse par les consommateurs.

Rédaction Réussir

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