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Une pression de plus en plus forte de l'offre

Fin de demi-campagne sous la pression d'une offre excessivement lourde avec des stocks de blé et d'orge inusités et des surfaces emblavées, en hausse. La baisse des prix s'inscrit dans celle des autres matières premières et la fermeté de l'euro n'arrange rien.

La fin de la première partie de la campagne est proche alors que l'on va entrer dans la trêve des confiseurs qui n'est jamais un grand moment d'activité commerciale. La somnolence s'installe donc sur un marché céréalier français qui fait des comptes de fin d'année déprimants. Le dernier conseil céréales de FranceAgriMer n'a pu que constater la lourdeur prévisible du stock de fin de campagne, de l'ordre de 5,2 millions de tonnes (Mt), le double de la moyenne quinquennale, les exportations vers les pays tiers ne parvenant pas à faire mieux que l'an dernier (3,4 Mt chargées au 30 novembre, soit 3 % de moins que l'an dernier). De toutes façons, il faudrait une forte poussée de la demande extérieure en seconde partie de campagne pour alléger significativement ce stock. La remontée de l'euro (en attendant la réunion de la Fed qui se tient à l'heure où nous écrivons) ne constitue pas non plus un facteur positif. Pas plus que la confirmation de la levée des taxes à l'export en Argentine sur le blé et le maïs qui menace de rendre le blé argentin compétitif jusque sur notre débouché privilégié : l'Algérie. Enfin, l'annonce d'assolement en céréales d'hiver, notamment en blé en nouvelle progression – il faut remonter à 1934 pour retrouver une surface comparable aux 5,22 millions d'hectares (Mha) de blé tendre estimés par le ministère et FranceAgriMer –, ajoute à la perspective d'une campagne 20162017 surabondante. Ces pressions, la baisse des matières premières en général, et le manque d'affaires tirent les cours du blé vers le bas sur le marché à terme comme le physique (voir graphique). La surface de blé dur est annoncée en nouvelle forte hausse (+12 %). Ce marché n'est cependant pas encore menacé de surproduction. La concurrence canadienne se fait sentir sur les marchés d'export, mais un courant intérieur vers la semoulerie qui retrouve cette année des blés de qualité stabilise les prix à 270 euros rendu Port-la-Nouvelle.

Récolte revue en baisse pour le maïs

L'offre est pesante sur le marché de l'orge. La révision en baisse de 300 000 t des exportations vers les pays tiers, et malgré une augmentation de 100 000 t des prévisions d'utilisation par les fabricants d'aliments du bétail, alourdit une perspective de stock déjà élevée, le portant à 2,16 Mt, soit 125 % de plus que l'an dernier. Et pour l'orge aussi, les surfaces sont estimées en hausse : +1,5 %, soit +15 % en cinq ans. La baisse des cours suit celle du blé.

Le stock de report de maïs échapperait à la pléthore grâce à une récolte encore revue en baisse à 12,8 Mt, mais les cours n'évitent pas la tendance baissière. Pierre Gautron

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