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Une politique agricole qui n'est plus si commune

Les négociations pour mettre en œuvre la réforme de la Pac ont été rudes et ont conduit à une politique à la carte, dont la mise en œuvre est partiellement modulable par les États membres pour mieux répondre à leurs besoins.

Alors qu'un des objectifs de la réforme de la politique agricole commune (Pac) était la simplification, c'est une politique plus complexe qui se dessine. Pour essayer d'apercevoir la diversité des mises en œuvre et leurs conséquences sur l'élevage européen, l'Institut de l'élevage (Idele) a organisé le 20 novembre une conférence (« la Pac dans tous ses États ») donnant la parole à sept de nos voisins, qui ont affiché des objectifs et des stratégies différents.

En Allemagne et aux Pays-Bas, le choix est clair, c'est celui du découplage total. Seules les zones de montagne et quelques Länder du Nord ainsi que les exploitations néerlandaises dans des zones naturelles bé-” néficieront d'aides couplées à la production.

Au nord, l'agroécologie

La Pac doit permettre de travailler sur « l'acceptabilité sociale de l'agriculture au travers de l'écologie, du bien-être animal, de l'utilisation des antibiotiques ou encore des fermes-usines », selon Simon Schlueter du Deutscher Bauernverband. Le second pilier sera donc consacré à l'agroécologie et l'innovation. L'Allemagne ne voit pas cette réforme bouleverser son paysage agricole.

Aux Pays-Bas, si l'impact sur les revenus sera important – jusqu'à - 10000 euros/an pour un éleveur laitier –, le pays se sent prêt. La philosophie irlandaise est similaire : aucun couplage des aides. Les mesures du second pilier seront axées sur l'agroécologie et les zones à handicaps naturels, mais aussi sur le transfert des connaissances. La baisse des revenus agricoles irlandais, notamment en bovins viande, devrait conduire à une extensification des conduites de troupeau allant dans le sens de la promotion de la viande nourrie à l'herbe.

“ vache allaitante, Comme la France, la Pologne couplera ses aides au maximum autorisé

Au Royaume-Uni, la mise en œuvre de la réforme est régionalisée, et seule l'Écosse a fait le choix de coupler des aides pour les ruminants, ce qui pose des questions de concurrence interrégionale.

Au sud, soutien à l'élevage

À l'instar de la France, l'Italie et l'Espagne ont fait le choix de recoupler une partie des aides. En Italie, les primes seront de 202 € pour une vache allaitante, 47 € pour un jeune bovin, 12 € pour les ovins et caprins. Pour soutenir le secteur laitier, une prime de 46 € par veau est créée. Malgré ces soutiens directs, selon Kees de Roest du centre de recherche CRPA, « l'élevage bovin allaitant sera à peine rentable en 2015 et nettement déficitaire en 2020 ». En Espagne, les primes pour les bovins viande seront de 90 € par tête, 9 € pour les agneaux ou encore 100 € par vache laitière. L'agriculture espagnole pourrait être amenée à se concentrer.

L'objectif de la Pologne est net : rétablir sa production. Entre 2010 et 2013, son cheptel porcin a reculé de 25 % et le cheptel caprin de 19,3 %. Comme la France, la Pologne a décidé de coupler ses aides au maximum autorisé (13 %, +2 % pour les cultures protéiques). Première bénéficiaire du second pilier, elle va transférer 25 % de ses 13,5 milliards d'euros vers le premier pilier et utiliser le reste pour améliorer ses infrastructures.

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