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Une excessive instabilité

Le rapport trimestriel du département américain de l’Agriculture (USDA), en réévaluant en forte hausse les prévisions de récolte de maïs, a entraîné l’ensemble des marchés dans une spirale baissière à Chicago et sur la place européenne.
Période du 28 septembre au 3 octobre. Le petit rebond des cours des céréales signalé dans notre dernière chronique et dont nous soulignions la fragilité, n’a effectivement pas résisté à la poursuite de la dégradation des marchés financiers, le coup de grâce étant asséné par le rapport trimestriel de l’USDA sur les estimations de récoltes et de stocks de céréales (et de soja, voir page voisine) dont on attendait un effet baissier, mais pas forcément au niveau atteint. C’est surtout aux annonces concernant le maïs que l’on doit cet impact négatif sur les prix. Bien que confirmant une forte baisse des stocks par rapport à la dernière campagne, 28,7 millions de tonnes (Mt) contre 44,3, le département américain de l’Agriculture dépasse les prévisions de récolte émises par les opérateurs : 24,5 Mt. On peut toutefois s’étonner d’une telle importance de ces rapports sur les cours. Dès les conclusions de l’USDA connues, vendredi dernier, le contrat maïs abandonnait 45 cents à Chicago, en clôture, entraînant une baisse du même ordre pour le blé et encore plus importante (51 cents) pour le soja… dont l’estimation de stock se révélait pourtant inférieure à l’attente des opérateurs.

Le blé standard tombe à 180 euros

Qui plus est, la chute des cotations sur la place européenne se répercutait sur le marché à terme européen, avec un recul de 7,25 euros pour le contrat blé et de 6,75 euros pour le maïs. Quant au marché physique du blé, il accusait un recul de 12 euros en deux jours, le maïs subissant des dégâts du même ordre. Le blé standard rendu Rouen a atteint en fin de semaine dernière son plus bas niveau depuis un an, à 180 euros, et sa tentative de remontée risque d’être compromise par l’évolution négative des places boursières, laquelle s’aggrave encore au moment où nous écrivons ces lignes.
Cette baisse des prix, alliée à celle de l’euro, devrait néanmoins avoir des effets bénéfiques sur une exportation qui a du retard à rattraper. De là à envisager un retour sur le marché égyptien, il faudra d’abord répondre au nouveau cahier des charges du GASC (l’Autorité générale de l'approvisionnement en produits de base) qui a remonté ses critères qualitatifs, notamment son taux minimum de protéines porté à 11,5 %. Le bilan que FranceAgriMer publiera prochainement sur la qualité des blés français de la récolte 2011 sera particulièrement intéressant.
Le marché physique du maïs, outre l’impact contestable de la dégringolade à Chicago, est sous la pression beaucoup plus logique de la moisson qui confirme, au fur et à mesure qu’elle progresse, ses excellents rendements. Aux prix actuels, de l’ordre de 185 euros Fob, et avec la baisse de l’euro, le maïs français est compétitif à l’export. L’orge n’a pu échapper à la tendance générale baissière, mais elle continue de se maintenir au niveau du blé, dans un contexte de rareté de l’offre.

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