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Une collecte « moins mauvaise que prévue »

Le dernier Conseil de direction de l’Onilait s’est déroulé dans un climat plus serein.

Pour son «dernier» (sic) Conseil de direction, Philippe de Guénin a hérité d’une situation plus calme que celle entourant le lait ces derniers mois. De l’aveu même du directeur de l’Onilait, la signature récente des accords sur les prix payés aux producteurs ont fait diminuer la pression et ont permis des discussions plus rapides qu’à l’accoutumée. La note de conjoncture présentée jeudi dernier fait notamment le point sur une collecte « nettement moins mauvaise que prévue ». Sur les cinq premiers mois de l’année, elle accuse un déficit de 335 000 tonnes par rapport aux chiffres de l’année dernière, soit une baisse de 3,4 %, tout en affichant, ces dernières semaines, des signes de reprise modérée.

Comme le constate l’Onilait, la laiterie France dispose d’une marge de manœuvre importante d’environ 650 000 tonnes d’ici la fin de la campagne, qui permettrait de remplir intégralement le quota national. « Ce n’est pas nécessairement l’objectif recherché par la filière. Il faut qu’il y ait de la modération dans la reprise. Car il y a une marge de manœuvre, mais il ne faut pas la surestimer » tempère Philippe de Guénin. Cette baisse de l’offre en lait, perceptible à l’échelle européenne (-3,9 % aux Pays-Bas, -3,5 au Royaume-Uni, -1 % en Allemagne), a entraîné une baisse de la fabrication de poudre de lait écrémé (-20 %) et de beurre -7 % en France). D’un point de vue général, la consommation de fromage continue de progresser, avec une hausse de 1,3 % en Europe et 2,6 % en France, des chiffres plus flatteurs que l’année précédente. La cotation du prix des fromages progresse également, exception faite de l’emmental, qui fait les frais de la concurrence à laquelle se livrent les grands groupes. Au 1er semestre 2004, son prix a ainsi chuté de 4 %.

Jeudi, les discussions se sont portées sur le beurre, et surtout sur la remise des stocks publics sur le marché. Les divergences proviennent du prix de vente des stocks communautaires, fixé à 2 700 euros la tonne par la Commission, alors que le prix du marché atteint 3 000 euros. Sur le manque à gagner de 300 euros la tonne, Philippe de Guénin parle « d’une perte d’argent considérable, alors qu’on nous annonce continuellement que le budget est tendu ».

Un dispositif salutaire pour les exploitations

L’Europe était également évoquée à un peu plus d’un an du découplage des aides à la production, l’Onilait profitant de son Conseil de direction pour relayer le nouveau dispositif d’Acal (Aide à la cessation de l’activité laitière), destiné à rendre les exploitations plus compétitives. Doté de 35 millions d’euros pour 2004 (issus des pénalités de production) le programme d’Acal a pour objectif d’accompagner vers la sortie les exploitations qui le demandent. Des mesures incitatives ont été prises pour cette année, avec un rallongement des délais d’un mois pour le dépôt des dossiers, et surtout une augmentation des indemnités de 20 %.

« C’est une excellente initiative du ministre pour aller chercher le maximum de gens hésitants » a déclaré Philippe de Guénin. Ce dispositif devrait être salutaire pour certaines exploitations, notamment les plus fragiles pour lesquelles le découplage des aides pourrait être fatal.

Rédaction Réussir

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