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« Une bonne image de l’élevage laitier ». Interview de Noëlle Paolo, chef de service études et stratégie au Cniel

Les Français ont une bonne image mais une faible connaissance de l’élevage laitier, selon l’étude réalisée par l’Ifop pour le Cniel en 2015. Ils considèrent que le « modèle familial automatisé » préserve la qualité des produits et permet aux vaches de sortir une bonne partie de l’année.

Les français sont
soucieux de la qualité du lait
Les français sont
soucieux de la qualité du lait
© R. Lemoine

Comment les Français perçoivent-ils l’élevage laitier ?

Noëlle Paolo - « Tous les ans depuis 2010, le Cniel demande à l’Ifop de conduire une étude sur la perception des Français à l’égard de l’élevage laitier : 1 000 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française ont été interrogées en juin 2015. Cette année, pour la première fois, des groupes qualitatifs ont permis d’approfondir certaines questions. Les Français ont une bonne image de l’élevage laitier : 69 % d’entre eux lui attribuent une note supérieure à 7/10, et 76 % accordent une grande confiance aux éleveurs laitiers. L’image de l’élevage laitier est meilleure que celle de l’élevage en général. »

Pourquoi ?

N. P. - « Les Français apprécient la relation de proximité entre l’éleveur laitier et ses animaux, qui se manifeste notamment au moment de la traite. Les Français associent l’élevage laitier au modèle de la ferme familiale avec, à sa tête, un éleveur dont ils reconnaissent la pénibilité du métier. Phénomène assez nouveau, ils se déclarent favorables à la modernisation des exploitations : automatisation, numérisation, utilisation d’internet, etc. dans la mesure où ces nouvelles techniques donnent plus de confort à l’éleveur, facilitent son travail et lui permettent de consacrer plus de temps à la surveillance sanitaire et au respect de la qualité des produits.

Car, vis-à-vis de l’élevage laitier, les Français se comportent avant tout comme des consommateurs soucieux de la qualité du lait produit. Ainsi, quand ils se préoccupent des conditions d’élevage ou de l’alimentation des vaches laitières, c’est pour leur impact potentiel sur le produit fini. De même, ils sont très attachés à ce que les vaches sortent à l’extérieur pour consommer de l’herbe, « un aliment naturel qui aura une influence positive sur la qualité et le goût du lait ».

Le bien-être animal en tant que tel ou l’impact environnemental de l’élevage laitier arrivent plus loin dans les préoccupations des Français. Ils estiment qu’en élevage laitier, les conditions d’élevage sont respectueuses du bien-être animal puisque, dans l’enquête, ils attribuent une note de 6,7/10 à cet item. Dans leur représentation, le bien-être animal est respecté du fait qu’en élevage laitier la finalité de la production est le lait, symbole de vie. Sur l’impact environnemental, ce sont les déjections animales qui font débat plus que les émissions de GES. »

Les Français connaissent-ils bien l’élevage laitier ?

N. P. - « Si les Français ont une bonne image de l’élevage laitier, ils avouent eux-mêmes avoir une certaine méconnaissance de la ferme laitière. Ils estiment la taille moyenne d’une exploitation à 100 vaches alors qu’en fait elle est inférieure à 60. Ils sont conscients qu’on va vers un agrandissement des fermes laitières, et s’ils admettent que la « ferme des 1 000 vaches » est une exception, elle cristallise les craintes pour l’avenir : risques sur la qualité du lait, effets néfastes sur l’environnement, perte de la relation privilégiée à l’animal… qui viendrait altérer la spécificité du modèle laitier français. Un Français sur deux se sent mal informé, a envie d’en savoir plus sur les fermes laitières, sur les conditions d’élevage et a besoin d’être assuré sur l’accès aux pâturages des animaux. Un message pour la filière laitière. »

IDENTITÉ

Noëlle Paolo est sociologue de formation. Adjointe au directeur de la communication du Cniel, en charge de la stratégie et des études, elle met en place au Cniel les études sur les comportements de consommation et l’image des produits laitiers, et le suivi des représentations autour de la filière laitière. Elle accompagne la mise en place des stratégies de communication.

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