Aller au contenu principal

Un zeste de compétitivité dans la loi d'Avenir

La rénovation de la politique agricole française inscrite dans la loi d'Avenir de Stéphane Le Foll est en passe d'aboutir. Elle laisse une place à la productivité et à la création de valeur ajoutée, dans le cadre de relations commerciales équilibrées.

Le texte devant tracer l'avenir de l'agriculture se rapproche de sa forme définitive. Modifié par l'Assemblée nationale, il a été transmis au Sénat le 10 juillet pour une seconde lecture le 17 juillet puis un passage en commission mixte paritaire une semaine après. Les ambitions du pays en matière d'agriculture et de pêche sont exposées dans un livre préliminaire au Code rural. Il y figure notamment le développement des filières de production et de transformation « alliant performances économique, sanitaire et environnementale et haut ni-veau de protection sociale, capables de relever le double défi de la compétitivité et de la transition écologique, dans un contexte de compétition internationale ».

La politique des pêches et de l'aquaculture concourt au développement des régions littorales, en favorisant entre autres la compétitivité de la filière. Les députés ont apporté plusieurs compléments touchant au commerce en prônant de « développer la valeur ajoutée dans chacune des filières agricoles et alimentaires et de renforcer la capacité exportatrice de la France », « rechercher l'équilibre des relations commerciales, notamment par un meilleur partage de la valeur ajoutée » et « contribuer à l'organisation collective des acteurs ». Ils ont aussi voulu « promouvoir l'information des consommateurs quant aux lieux et modes de production et de transformation des produits agricoles et agroalimentaires ». La loi d'Avenir donne par ailleurs des missions au programme national pour l'alimentation. Celui-ci « encourage le développement des circuits courts et de la proximité géographique entre producteurs agricoles, transformateurs et consommateurs ». Il vise en particulier la restauration collective publique comme privée. Le programme national pour l'alimentation est inspiré par le Conseil national de l'alimentation. À l'échelon territorial, les plans régionaux de l'agriculture durable et les projets alimentaires territoriaux visent à rapprocher les producteurs, les transformateurs, distributeurs, collectivités et consommateurs.

Un médiateur des relations commerciales agricoles pourra être saisi de tous litiges

Représentativité des interprofessions

Après ce livre préliminaire vient le titre premier de la loi intitulé « Performance économique et environnementale des filières agricoles et agroalimentaires ». Il y figure l'institution du fameux GIEE (voir encadré), les critères de représentativité des organisations interprofessionnelles, devant comporter les deux tiers des opérateurs ou de leur chiffre d'affaires, et surtout la nomination par décret d'un médiateur des relations commerciales agricoles pouvant être saisi de tous litiges relatifs à un contrat de vente ou de livraison de produits agricoles, y compris des litiges liés à la renégociation du prix.

LES POINTS CLÉS DU TEXTE

Parmi les principales dispositions de la loi d'Avenir agricole figurent la reconnaissance des Groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE) (article 3), la réorientation du programme national de l'alimentation « autour de la justice sociale, de l'éducation alimentaire, de la jeunesse et de l'ancrage territorial » (article 17), la limitation de l'utilisation d'antibiotiques en médecine vétérinaire (article 20) ainsi que la création d'un « Institut agronomique et vétérinaire de France » (article 27). Les GIEE sont au cœur du dispositif devant servir le « projet agro-écologique pour la France » ayant pour objet une « double performance économique et environnementale ». Stéphane Le Foll, lors de sa présentation du projet en novembre dernier, proposait que ces collectifs d'agriculteurs associant des partenaires des collectivités ou du monde économique et associatif permettent « de développer une dynamique de changement des pratiques agricoles au service de la double performance économique et environnementale ».

Les plus lus

dindes en élevage
Dinde : alourdir les carcasses, la stratégie de LDC et Galliance pour la reconquête

Après une chute ininterrompue des abattages depuis 2000, la dinde semble reprendre quelques couleurs en France. Au moins le…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Œufs : les importations européennes bondissent de 65 % au premier trimestre, l’Ukraine et la Turquie en profitent

Les importations d’œufs de l’Union européenne ont atteint un record sur le premier trimestre 2026. L’Ukraine a progressé, mais…

batau porte conteneur de dos
Viande bovine : la consommation continue de reculer dans l’UE, mais les importations vont bondir en 2026

La consommation par bilan de viande bovine va continuer son déclin en 2026, selon les prévisions de la Commission européenne.…

vaches dans un pré
Prix des bovins : après 8 semaines de baisse, le plancher en vue ?

Les prix des vaches allaitantes et des vaches laitières se stabilisent tandis que ceux des jeunes bovins s’effritent encore…

conteneur bresilien au port
Viande bovine : les exportations brésiliennes pourraient chuter de 10 % à cause de la Chine

Les droits de douane instaurés par la Chine sur la viande bovine vont bientôt conduire à l’arrêt des exportations du Brésil,…

vue en contre plongée, dans une allée entre des conteneurs sur un port
Viande bovine : chute attendue de 13 % des importations chinoises en 2026

La production mondiale de viande bovine est attendue en légère baisse en 2026. Ce alors que le premier importateur mondial, la…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio