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UE : la production bovine plie mais ne rompt pas

L’Institut de l’élevage n’envisage pas un effondrement, mais un effritement préjudiciable à la consommation.

C’est un repli plus qu’un déclin qu’envisage l’Institut de l’élevage pour la viande bovine européenne. Le scénario présenté vendredi au congrès FFCB-FNICGV montre, qu’à long terme, la production de vaches sera structurellement tirée à la baisse par la réduction des cheptels de laitières et d’allaitantes (lire notre édition du 18 juin). L’Union européenne à 25 perdra 3 millions de vaches à l’horizon 2012, soit 9% des effectifs. Pour les productions de veaux de boucherie, et dans une moindre mesure celles de JB, les achats aux Pays Tiers et l’alourdissement du poids moyen des carcasses devraient permettre de compenser partiellement la baisse de l’offre. Dans un premier temps, pour 2006-2007 et même au-delà, la disponibilité en vaches de réforme pourra bénéficier du retour du potentiel britannique actuellement détruit (de l’ordre de 600 000 vaches) et de la restructuration laitière accélérée liée au découplage des aides. Ce n’est qu’au-delà de 2007 que l’effet « de repli» reprendra durablement.

La France renforcée

Les pays du Nord, et notamment l’Allemagne, tireraient nettement la production à la baisse, en privilégiant des systèmes laitiers intensifs mais en allégeant les chargements pour respecter les contraintes environnementales. L’Europe du Sud maintiendrait un dynamisme contenu, entre une capacité à produire et à consommer toujours forte et une rentabilité contrariée par des coûts de production en hausse. La position de la France apparaît renforcée. L’importance relative de son cheptel reproducteur, sa place stratégique dans l’approvisionnement des filières déficitaires du sud de l’UE et le recouplage constituent un avantage, mais la privent de compétitivité et d’ambition en matière d’engraissement.

Dans un tel scénario, avec 355 000 tonnes de déficit, soit plus de 4 % de la consommation, l’UE accentue sa dépendance alimentaire. Ce déficit n’est contenu à ce niveau qu’en supposant un recul de la demande européenne de plus de 150 000 tonnes par rapport à 2004 et une augmentation du même ordre des importations en provenance du Mercosur. Ce scénario d’un effritement de la production préjudiciable à la consommation repose sur des hypothèses de prix relativement élevés, soutenus par des consommateurs qui privilégient un approvisionnement européen, fondé sur des attentes davantage « sécuritaires» et « qualitatives» que seulement quantitatives. Un plus fort démantèlement des mécanismes de régulation des échanges mondiaux et une plus forte agressivité commerciale du Mercosur pourraient changer la donne.

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