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Taxer les produits sucrés, pourquoi pas, pour Annie Genevard

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2025 prévoit de nouvelles taxes sur les produits sucrés et gras, suscitant une vive opposition de la part de l'industrie agroalimentaire. La ministre de l'Agriculture se montre prudente, tandis que les syndicats craignent une augmentation de l'inflation et une menace pour l'activité économique.

un sac de courses qui déborde de confiseries, bonbons, chocolats, bouteilles de soda
A l'Assemblée, l'idée de la taxe sur les produits sucrés se concrétise
© Généré par l'IA

Avec AGRA

Sur les ondes de Sud Radio le 23 octobre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard s’est dit favorable, mais avec prudence, à l’instauration d’une taxe sur les produits sucrés et gras, hypothèse à laquelle l'Ania (agroalimentaire) s'est vivement opposée la veille. Une taxe sur les sucres ajoutés avait déjà proposée en place dans le projet de loi de finances 2024, mais le gouvernement l'avait retoquée.

La taxe soda se profile

«Tout ce qui permet d’améliorer les aides aux agriculteurs, je prends. Maintenant, il faut veiller à ne pas stigmatiser systématiquement le sucre et le gras», a-t-elle expliqué. «Je rappelle que ce sont tout de même des filières importantes en France, on verra le détail des choses, mais la taxation des sodas semble être une hypothèse émise au niveau budgétaire.» Et de rappeler qu’il «appartenait au Parlement de se prononcer». 

Lire aussi : Une étude européenne propose de surtaxer la viande et le sucre

Nouvelle taxe sur les bières validée

Sur ce point, le 23 octobre, la commission des Affaires sociales a validé une taxe nouvelle sur les bières aromatisées et sucrées et celles à «fort degré alcoolique». Les députés ont par ailleurs voté une extension à tous les alcools de la «cotisation sécurité sociale», ou encore une taxe liée à la teneur en sucre des produits alimentaires transformés. En revanche, ils ont rejeté l’idée d’indexer sur l’inflation la taxation sur l’alcool aujourd’hui plafonnée, après de vifs débats. Pour mémoire, le 17 octobre dernier, l'Institut Montaigne (cercle de réflexion classé à droite) avait proposé d'utiliser une hausse de la taxe soda pour financer un chèque alimentaire national.

Lire aussi : La taxe soda a eu un « impact majeur » sur le taux de sucre des boissons    

Des syndicats sectoriels de l’alimentaire montent au créneau contre la taxe sucre

Plusieurs syndicats professionnels ont réagi au vote en commission des Affaires sociales d’amendements créant de nouvelles taxes sur les boissons aromatisées et sucrés, certaines bières et les produits transformés, dans le cadre du PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) pour 2025, rapporte l’AFP le 24 octobre. Ils les considèrent comme une menace pour leur activité comme pour le pouvoir d'achat des consommateurs. «Cette surtaxe discriminant une catégorie de produits ne fera qu'amplifier la pression inflationniste sur les familles françaises», soutient le syndicat des boissons sans alcool (dont sodas et boissons énergisantes). Brasseurs de France est sur la même longueur d’onde: «Ces nouvelles taxes vont définitivement compromettre la viabilité économique des acteurs du secteur brassicole présents sur l'ensemble du territoire», affirme le syndicat, qui craint «la fermeture de centaines de brasseries». 

Pâtissiers, chocolatiers, glaciers inquiets

Par ailleurs, sept organisations rassemblant des artisans chocolatiers, pâtissiers, boulangers, ou encore glaciers  ont enjoint à ne pénaliser «ni les artisans ni les consommateurs par de nouvelles taxes injustifiées». La veille, l'Ania (industries alimentaires) avait indiqué vouloir «en urgence un rendez-vous avec le Premier ministre pour lui faire part de son opposition totale à toute nouvelle taxe sur l'agroalimentaire».

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