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Sortir du « paradoxe du cochon »

La viande de porc est appréciée, pas les élevages qui la produisent. Un paradoxe difficile à éliminer.

Le club des amis du cochon s'élargit. Ses membres se sont réunis mardi au Palais du Luxembourg. Parmi eux, de nombreux parlementaires. Plus de 150 y adhèrent, au côté de nombreux ministres, élus locaux, conseillers techniques et journalistes. « Il faut sortir du paradoxe du cochon, a lancé Jean-Michel Serres, président du Centre de documentation des métiers du porc (CDMP). Tout le monde en mange mais n'est pas prêt à accepter un élevage à proximité de chez soi. C'est un problème dans les régions à faible densité porcine. »

Agir dans les cantines

Rassemblés depuis un an, les amis du cochon tentent de faire contrepoids aux nombreuses associations anti-porcherie. « La création du club répond à un besoin de communiquer. Les éleveurs ont beaucoup expliqué ce qu'ils font», a souligné Jacques Lemaître, président de la Fédération nationale porcine (FNP). Les amis du cochon ont rappelé l'importance des visites d'élevage à destination du grand public. Mais, rien n'y fait. La production porcine a mauvaise presse. Elle est accusée de nuire à l'environnement.

Un autre chantier concerne la nutrition. A ce sujet, Hugues Portelli, sénateur du Val d'Oise, a raconté une expérience menée dans sa commune. La ville d'Ermont a assuré la promotion du porc en cantine scolaire. Cette action s'inscrivait dans le cadre de la lutte contre l'obésité. Une diététicienne a même du être formée, pour couper court à certains préjugés. Intéressé par l'idée, Jean-Michel Serres a affirmé vouloir y travailler au sein du CDMP.

Le club a aussi débattu sur la compétitivité de la filière porcine française. « Une charte de l'environnement a été adoptée lundi par le congrès,a indiqué Marcel Deneux, sénateur de la Somme. Il ne faudrait pas qu'une application drastique vienne créer de nouvelles situations de concurrence déloyale. Le risque est réel.» Les producteurs sont déjà soumis à des contraintes sociétales en matière d'environnement, de bien-être animal, de traçabilité, de sécurité sanitaire, comme l'a rappelé Guillaume Roué, président d'Inaporc. Elles génèrent un surcoût de 11 à 14 centimes d'euro par kilo, d'après ses sources. Cela représente environ 10 % du prix de revient en élevage, estimé à 1,25 euro par kilo.

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