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Soja : Bunge renoue avec l’Argentine

 La multinationale multiplie les projets en Argentine pour tirer parti du boum du soja.

« Nous retrouvons nos racines », a reconnu le président de Bunge Argentina, Raul Padilla, dans un entretien accordé à l’AFP au siège historique du groupe. Bunge, société basée à White Plains (état de New York) et cotée sur le NYSE, est l’héritière en ligne directe de Bunge y Born, société qui pendant près d’un siècle (de 1884 à 1975) fut l’une des entreprises les plus emblématiques de l’Argentine. Une entreprise qui se retrouva aussi en première ligne dans l’histoire tourmentée du pays. En 1974, deux membres de la famille fondatrice, Jorge et Juan Born, furent enlevés par les Montoneros, des guérilleros péronistes. Ils ne furent libérés qu’au bout de six mois, moyennant le versement d’une rançon de 60 M$. Quinze ans plus tard, le groupe fournit les deux premiers ministres de l’économie du président Carlos Menem, alimentant les rumeurs de collusion avec le pouvoir.

Dans les années 90, le groupe, désormais réfugié au Brésil, paraissait au bord du gouffre, paralysé par une lutte de pouvoir entre héritiers. La thérapie fut brutale : Bunge, qui s’était diversifié jusque dans les peintures et la banque, se recentrait sur l’agroalimentaire et les engrais. En Argentine, sa présence se retrouvait réduite à la portion congrue du fait de la vente de son navire amiral, la société Molinos (farines, huiles, pâtes et conserves).

Le groupe est désormais dirigé par un Brésilien, Alberto Weisser, et la famille, toujours majoritaire au capital, ne participe plus à la gestion courante. Aujourd’hui, Bunge est l’une des sociétés agroalimentaires les plus dynamiques dans le monde. Elle a dégagé en 2003 un bénéfice net de 411 M$ (+ 61 % sur son niveau de 2002), sur des ventes de 22,1 md$ (+ 60 %). Le groupe s’est étendu en France, où il a acquis le producteur d’huile Cereol, issu du démembrement de Beghin-Say, et est actionnaire de Lesieur. Le magazine Fortune vient de le classer parmi les sociétés alimentaires les plus admirées.

Une nouvelle usine et un port fluvial

Aujourd’hui, l’Argentine ne représente qu’environ 10 % de l’activité du groupe, contre 30 à 35 % chacun pour le Brésil et les États-Unis. Le chiffre d’affaires y croit de 50 % l’an depuis cinq ou six années grâce à l’essor de la culture du soja. Les exportations de Bunge depuis l’Argentine (céréales, soja et dérivés) sont passées depuis la restructuration de 1,6 Mt à 10 Mt. Pour accompagner ce boum, Bunge vient

d’annoncer la construction d’une nouvelle usine de trituration de soja, pour un montant de 60 M$, et la construction d’un port fluvial, dont la première étape coûtera 45 M$.

Le groupe s’apprête aussi à inaugurer son nouveau siège pour l’Argentine, un superbe bâtiment de style Néo-renaissance construit dans les années 20 et qui abrita longtemps l’état-major mondial de l’entreprise. Le bâtiment, qui hébergera 170 à 180 salariés, avait été laissé dans un quasi-abandon pendant toute la décennie écoulée.

Rédaction Réussir

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