Sifel : les fraises chinoises sèment le trouble
Les entrées de fraises chinoises sur le territoire de l’Union européenne sont estimées à 15000 tonnes déshydratées ou congelées qui ont alimenté l’industrie en 2005, a-t-on appris hier au Sifel d’Agen. L’arrivée de ces fraises provoque l’émoi des producteurs français qui, s’ils ne sont pas directement concernés car peu engagés dans la production de fraises pour l’industrie, risquent d’en pâtir. En effet, les Espagnols et les Marocains ont souffert de plein fouet de cette concurrence nouvelle d’un pays aux ambitions gigantesques : 800 000 t de fraises sont produites chaque année en Chine. « Nos confrères espagnols n’ont pas de variétés spécialement destinées à la transformation, ces produits peuvent donc revenir sur le marché du frais », signale Xavier Mas, président de la section nationale fraise. Des contacts ont eu lieu entre français et espagnol pour étudier cette question. Fortement ancrée sur les fraises haut de gamme, la production française réfléchit à reconquérir des parts de marché sur le coeur de gamme. Une réflexion devrait aboutir à la présentation d’une offre mieux structurée et plus lisible pour les consommateurs dans les mois à venir, appuyée vraisemblablement sur la variété Charlotte. Comme tous les ans, la campagne fraise a été lancée à Agen, avec des prévisions de récoltes stables par rapport à l’année dernière. Gariguette et Darselect restent les deux variétés principalement mises en marché et la production en pleine terre termine son recul au profit des cultures hors sol qui permettent une meilleure gestion de la qualité des produits.