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« On sent une vraie volonté politique, mais il va falloir qu'elle se concrétise »


> Marc Lamothe, président du Cipa.
Marc Lamothe, président du Comité interprofessionnel des produits de l'aquaculture (Cipa), croit à l'émergence d'une prise de conscience politique en faveur de l'activité, mais il tient à maintenir un modèle français artisanal. Interview.

Les Marchés Hebdo : Il y a sept ans, le rapport Tanguy appelait à mener une révolution bleue. A-t-elle eu lieu ?

Marc Lamothe : Un « plan croissance bleue » a été présenté en octobre 2014 par Alain Vidalies. Depuis 2014, on sent une vraie volonté politique de faire bouger les choses, renforcée par la demande de Bruxelles à chaque État membre de remonter sa stratégie nationale pour le développement de l'aquaculture. Et ça tombe bien. On sent une vraie demande depuis 4-5 ans des consommateurs pour des produits piscicoles français. Ce phénomène s'installe de façon pérenne, avec une clientèle fidèle, sur la truite fumée notamment. Nous identifions cela comme le résultat du travail fait au sein de la filière en termes de qualité et une tendance forte en faveur des produits de proximité. Aujourd'hui, il faut que l'on passe à une croissance de la filière pour y répondre.

LMH : Le rapport préconisait aussi d'adapter la réglementation. Est-elle aujourd'hui plus favorable au développement de l'aquaculture ?

M. L. : On sent une vraie volonté politique, mais il va falloir qu'elle se concrétise sur le terrain. Il n'y a pas eu de créations d'élevage depuis 10-15 ans en pisciculture. Les choses devraient pouvoir évoluer. Mais de façon mesurée et très maîtrisée. En France, on fait des poissons à croissance lente. On veut maîtriser la qualité de la filière, respecter l'environnement. Aujourd'hui, on produit 45 000 t. On espère que la pisciculture (marine notamment) pourra se développer, en discussion avec les usagers de l'eau et du territoire.

LMH : Comment se portent les rares entreprises françaises du secteur ? Quid de la concurrence étrangère ? M. L. : Pour l'ensemble de la filière, c'est plutôt convenable. Il y a une demande des consommateurs pour nos produits, les prix sont corrects, pour l'instant on est confiants. Le problème n'est pas la concurrence, mais de pouvoir produire. Quand on y arrive, on sait différencier les produits.

LMH : Y a-t-il des projets de développement ?

M. L. : Il y'en aura dans les années qui viennent, et je l'espère, pas que sur la truite. La force de la filière française, c'est sa diversité. La filière piscicole française est artisanale, basée sur l'exploitation familiale, on veut garder ce modèle-là.

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