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Saumon norvégien : « dès lundi, on va répercuter la hausse »

Le salon des produits de la mer (du 26 au 28 avril à Bruxelles), était en ébullition mercredi, premier jour d'application des droits antidumping imposés par Bruxelles contre le saumon norvégien d'élevage.

Mercredi, deuxième jour de l’incontournable salon european seafood à Bruxelles, le sujet est sur toutes les lèvres : depuis minuit, Bruxelles impose une taxe d’une moyenne de 16% sur l’importation de saumons d’élevage norvégiens (lire LM du 26 avril). Une nouvelle qui secoue les transformateurs européens, français en particulier, dont l’inquiétude s’affiche clairement. « Dès lundi, on va répercuter la hausse, en espérant que le marché l’acceptera », confie Jean-François Floch, directeur commercial de Bretagne saumon (15 M Eur de CA), dont 60% des approvisionnements sont d’origine norvégienne. « La taxe représente une hausse de 1 euro du kg. Pour nous cela fait 600 000 Eur de progression du coût matière première», ajoute-t-il. Or, du fait des prix minimum imposés par les clauses de sauvegarde en février, le marché a déjà progressé de 30 c/kg (soit 10 à 12%) depuis le début de l’année, sans répercussion sur les prix pour les transformateurs. Réunis au sein du syndicat des saumons et truites fumés (STF), ils sont unanimes pour dénoncer cette situation difficile et devraient individuellement alerter leurs clients d’une hausse de leurs tarifs de 1,02 à 1,08 euros du kilo.

«Nous allons demander à nos clients une répercussion immédiate de 16%. J’espère qu’ils vont dire oui. Je viens de faire un effort sur les prix, je n’ai pas de marge», confirme Gilles Charpentier, directeur général de Meralliance, entreprise quimpéroise spécialisée dans le poisson fumé et le surimi (à marques Armoric et Narvik). Le fabricant, qui détient 15% de parts de marché sur le marché français du saumon fumé (et 30% du marché des MDD), a communiqué en janvier dernier sur la baisse de ses prix de 10 à 15%. Avant l’adoption des mesures de sauvegardes en février, Meralliance avait déjà choisi de sous-traiter auprès du polonais Suempol la production d’une gamme premier prix.

Le Chili pourrait être une alternative

Cette démarche est loin d’être anodine. La Pologne, dont les coûts de production sont inférieurs à la France et au Danemark, fait actuellement une percée sur les marchés allemands et norvégiens. Certains fournisseurs français craignent que les droits antidumping contre la Norvège ne fassent que renforcer cette tendance. SIF France, dont une grande partie de ses 5 000 tonnes de saumon fumé (dont 50 à 60% est d’origine norvégienne) est destinée aux premiers prix, se sent particulièrement menacé. Le transformateur, désormais marié à Labeyrie, veut aujourd’hui s’orienter davantage vers le développement de sa marque Delpierre. Loiseau&Regnault a pour sa part déjà décidé d’arrêter les premiers prix et ne fournit plus la marque Eco+ depuis 2004. L’entreprise qui représente 1500 t de saumons fumés affiche, elle aussi, la volonté d’imposer sa marque Selection Loiseau&Regnault.

Pour ce faire, Francis Loiseau, directeur général des salaisons maritimes André Ledun, avoue rechercher depuis deux ans un partenaire financier. La nouvelle de la taxe sur le saumon norvégien n’arrange pas les affaires de l’entreprise qui évoque la possibilité de développer l’origine Chili (représentant déjà 10% de ses volumes). Un choix qui pourrait s’imposer à d’autres transformateurs, aujourd’hui plutôt habitués à travailler du saumon frais alors que le saumon chilien est bon marché, mais congelé. D’autres, comme Bretagne Saumon, envisagent de revenir au saumon sauvage. Mais avant tout, les transformateurs français espèrent faire reculer la Commission sur les droits antidumping en proposant des prix minimum supérieurs à ceux établis dans la clause de sauvegarde, sans contingents et sans cautions.

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