Sang-froid
On devrait connaître ce lundi le bilan exact de l’édition 2006 du salon international de l’Agriculture. Selon toute vraisemblance, la fréquentation a baissé cette année et peut-être même chuté si l’on en croit certains témoignages d’exposants. Ce reflux, après plusieurs années de fréquentation record, était en grande partie prévisible. Le salon ne s’inscrivait pas cette fois-ci dans la période des vacances scolaires en région parisienne. Quant aux travaux du tramway parisien, ils ont manifestement dissuadé un certain nombre de visiteurs. Christian Patria, le commissaire général du salon, ajoutait cette semaine une autre raison, qui nous apparaissait jusque-là très secondaire (d’autant plus qu’aucune volaille n’était représentée) : la peur de la grippe aviaire.
A voir certaines réactions de consommateurs, d’entreprises et même d’élus, cela n’est pas complètement exclu. Le syndicat national de la restauration collective (SNRC) a eu beau rappeler cette semaine qu’il n’y avait aucune raison de bannir les produits avicoles, le leader national, Sodexho, a malgré tout imposé certaines restrictions à l’achat sous prétexte de précaution, comme le révélait Les Marchés cette semaine. Le président de la République a eu beau lancer un appel au calme pendant le salon, il s’est aussi trouvé un maire pour exclure la volaille des menus des cantines de sa commune (Groslay, dans le Val d’Oise). Cette manière de sortir le parapluie à la première occasion pour se faire passer pour un élu responsable et avisé est un peu exaspérante. Mais inquiétante aussi : l’exclusion du bœuf de certains restaurants et de certaines cantines avait joué un rôle très négatif d’accélérateur de la crise de l’ESB en 2001.