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Sanders Bretagne investit malgré la crise

Sanders pilote quatre sites en Bretagne pour une production de 1,2 million de tonnes d'aliments.
© Yannick Thoraval

En dépit de la crise de l’élevage, la filiale du groupe Avril fait preuve d’un bel optimisme. Leader de la nutrition animale en France (3 millions de tonnes fabriquées dans vingt-trois usines, soit 15 % de parts de marché, selon la direction), Sanders a inauguré, vendredi 9 juin à Saint-Gérand (Morbihan), l’extension des capacités annuelles de sa principale usine bretonne. Ses capacités de fabrication sont portées de 330 000 à 500 000 tonnes d’aliments par an.

Pour 5 millions d’euros, Sanders Bretagne y a placé six nouvelles cellules de dosage permettant de diversifier les matières premières, trente microcellules capables de gérer automatiquement l’ajout de vitamines et de minéraux. Le circuit de circulation routière dans le périmètre de l’usine a également été entièrement revu pour fluidifier les allées et venues des camions. L’usine de Saint-Gérand est plus que jamais le navire amiral du groupe, une usine positionnée au cœur d’un des plus importants bassins d’élevage de France.

Une ligne dernière génération à Montauban

Pilotant quatre sites en Bretagne (250 collaborateurs) où il fabrique 1,2 million de tonnes d’aliments, soit 40 % de son tonnage national, Sanders Bretagne a investi récemment 3 millions d’euros supplémentaires. À Montauban-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), il a installé une ligne de fabrication de dernière génération (1 million d’euros) incluant un système de traitement thermique des aliments, une presse automatique à gros débit (30 tonnes/heure) et un nouveau système de refroidissement. À Saint-Thégonnec (Finistère), il a augmenté ses capacités de stockage de produits finis, accru de 30 % la vitesse de chargement de ses camions et modernisé son système de refroidissement.

Dernière réalisation : la mise en place d’un système de broyage Mostra à Saint-Gérand, Montauban-de-Bretagne et Guingamp (Côtes-d’Armor), sa dernière usine bretonne.

L’usine de Guingamp spécialisée en bio

Dans un secteur de l’élevage en crise, Sanders marque sa volonté « d’améliorer la compétitivité des filières animales françaises et (de) répondre aux attentes sociétales », dit le groupe dans un communiqué. Il ne s’agit pas d’une augmentation de volumes, mais de transferts d’activités à Saint-Gérand en provenance « notamment de l’usine de Guingamp que nous spécialisons en aliment bio », précise Bernard Mahé, directeur général de Sanders France.

Sanders Bretagne répartit ses activités entre la volaille de chair pour 35 %, le porc à 26 %, la poule pondeuse (20 %), le ruminant (6 %), etc. Parmi ces productions, la volaille de chair est la seule à tirer son épingle du jeu. « Nous avons vendu à LDC il y a trois ans notre industrie de la volaille et continuons de lui fournir tout le vif – 1,5 million de poulets par semaine – dont il a besoin dans sa phase de reconquête du marché national », ajoute Bernard Mahé.

Sanders pilote depuis 1992 une filière spécifique de poulets lourds dont les produits de découpe correspondent au marché, notamment de la RHD. Enfin, l’industriel déploie auprès de ses clients éleveurs une démarche dite de gestion sanitaire durable pour réduire l’usage d’antibiotiques.

Les chiffres clés du groupe

Sanders en France, ce sont 23 usines qui fabriquent 3 millions de tonnes d'aliments. Elles se répartissent entre les ruminants pour 30 %, les volailles de chair (26 %), les porcs pour 23 %, les poules pondeuses (15 %) et les lapins chevaux et animaux de basse-cour pour 6 %. Sanders vend par ailleurs sous licence technique 200 000 tonnes d’aliments auprès de sept concessionnaires et encore 200 000 tonnes pour l’étranger. La société aux 1 200 salariés détient un portefeuille de 26 000 clients. Elle investit en moyenne entre 10 et 15 millions d’euros par an. Sanders inaugurera avant la fin de l’année un outil spécifique de trituration de graines de soja français dans le Sud-Ouest.

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