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Saint-Marcellin : « il aurait fallu 10 ans de travail pour avoir l’AOC »

Lors de son AG, le 13 juin, le Comité Interprofessionnel du Saint-Marcellin a décidé d'abandonner son projet d'AOC et d'entamer une démarche d'IGP. Le président du CISM, revient sur les raisons de ce choix.

Les Marchés : Pourquoi avez-vous décidé de mettre de côté votre projet d'AOC ?

Bruno Neyroud : Lorsque nous avons présenté notre dossier au CNPL en décembre dernier, les instructeurs du dossier nous ont demandé de modifier trois points de notre cahier des charges. Le premier est la suppression des aliments fermentés, c'est-à-dire l'abandon de l'ensilage. Or, à ce jour, 80 % de la ration des aliments des bêtes est composé de ces aliments et l'activité agricole de la zone n'est pas, pour l'instant, adaptée à la fabrication de foin. Le deuxième point sur lequel le CNPL nous a demandé d'intervenir est un recentrage des races autour des bêtes du terroir. Nous avons déjà exclu la Normande, mais le CNPL voudrait également mettre de côté les Prim'Holstein qui représentent 30 % de la production. Enfin, le dernier axe de développement est la suppression de la thermisation du lait. Aujourd'hui un tiers de la production est fabriqué à partir de lait cru, un tiers avec du lait thermisé et un tiers avec du lait pasteurisé.

Les Marchés : Vous ne souhaitez pas suivre les recommandations du CNPL ?

Bruno Neyroud : Nous n'abandonnons pas définitivement l'AOC mais les remarques faites par le CNPL demandent un travail de fond très long. Mettre en place de nouvelles cultures pour avoir du foin, supprimer certaines races chez les éleveurs ou encore modifier le process de fabrication demanderaient entre 10 et 15 ans de travail. Nous ne pouvons pas attendre aussi longtemps ! Nous avons besoin de valoriser notre production pour converser la production de lait mais aussi l'activité économique de notre territoire. Notre zone agricole doit préserver sa diversité. La fabrication de Saint-Marcellin fait vivre plus de 1 000 personnes avec un volume annuel de 4 000 tonnes. Sur la zone 50 millions de litres de lait sont transformés chaque année dont la moitié en Saint-Marcellin et le reste pour les autres productions comme le Saint-Félicien.

Les Marchés : L'IGP vous semble plus accessible ?

Bruno Neyroud : La nouvelle loi d'orientation agricole de janvier 2006 stipule qu'il n'est plus nécessaire de passer par un signe intermédiaire comme un label pour obtenir une IGP. Nous comptons donc bénéficier de cette nouvelle réglementation pour obtenir ce signe de qualité au plus vite. Nous attendons pour l'instant la publication des décrets d'applications et espérons pouvoir présenter notre dossier à l'automne.

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