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Revenu : la mondialisation payée au prix fort

Les données dévoilées aujourd’hui par l’Insee ne sont guère rassurantes. Même si le découplage des aides agricoles devrait sécuriser une partie des revenus des ménages, la baisse du pouvoir d’achat des agriculteurs se poursuit. Bien sûr, la hausse du prix des matières premières a donné un coup de pouce aux revenus en 2006, mais les analystes ne sont pas optimistes. Des années 60 jusqu’au milieu des années 90, la mise en place de la PAC s’est accompagnée d’une forte baisse du nombre d’exploitants mais également d’une hausse des revenus, grâce aux gains de productivité. Mais depuis 1998, la situation s’est fortement dégradée et la tendance semble solide : il est de plus en plus difficile de vivre de sa production.

La politique agricole commune a pourtant apporté beaucoup à l’agriculture française, du moins jusqu’au début des années 90. La productivité du secteur n’a cessé de croître et les exportations françaises en produits agroalimentaires ont atteint des sommets en 99-2000 avant de baisser ensuite, avec la concurrence du Brésil et des autres pays émergents. Du point de vue du commerce extérieur, la libéralisation des échanges mondiaux a créé une rupture autour de 1998 qu’il est difficile de rattraper, au niveau des prix notamment. Entre 1997 et 2003, la part des revenus non agricoles dans les revenus totaux des ménages d’agriculteurs est passée de 19 à 31%. Un tiers des ménages d’agriculteurs reçoivent des revenus non agricoles, provenant essentiellement du conjoint ou de la conjointe de l’exploitant-e. Pour les agriculteurs eux-mêmes, la pluri activité reste en revanche assez peu répandue, n’en déplaise à la Mme Fischer Boel qui les voit déjà adopter le mi-temps. Dans les exploitations professionnelles, seuls 6% des chefs d’exploitations sont pluri actifs. Ils sont en revanche 33% dans les exploitations non professionnelles, qui dégagent moins de revenus.

Entre 1997 et 2003, le revenu non agricole a beaucoup augmenté au sein des ménages mais cette hausse ne compense pas la forte baisse des revenus agricoles sur cette période. Le revenu disponible moyen des ménages a donc diminué ces dernières années.

De plus en plus d’agriculteurs «pauvres»

Avec 29 900 euros, il reste cependant supérieur de 5% à la moyenne nationale, mais si l’on ramène la somme au nombre de personnes par foyer, le niveau de vie des agriculteurs est en fait inférieur de 10 à 15% au reste des ménages. Avec 3,2 personnes par foyer en moyenne, les familles d’agriculteurs sont en effet plus nombreuses que la moyenne (2,4). Les statistiques révèlent également que 15,9% des ménages d’agriculteurs sont considérés comme pauvres (niveau de vie inférieur à 7740 euros), contre seulement 6,3% dans le reste de la population. La proportion atteint même 26% pour les ménages d’agriculteurs mono actifs, confirmant la difficulté qu’éprouvent les exploitants à faire vivre uniquement de leur production agricole. Seule note optimiste pour l’avenir, certaines analyses prédisent que l’accroissement de la demande chinoise et le développement des productions non alimentaires pourraient faire remonter les prix mondiaux des matières agricoles dans les prochaines années. Peut-être la hausse des revenus observée en 2006 est-elle finalement le premier signe de jours meilleurs.

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