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Réformes laitières : tarir ou ne pas tarir, telle est la question

L’Institut de l’élevage montre les divergences d’intérêt entre éleveurs et abatteurs sur le tarissement. Outre les problèmes de qualité de carcasses, les vaches non taries présentent plus souvent des problèmes de maladie.

Les coopératives comptent se pencher sur la valorisation des vaches laitières de réforme. Un projet associant la FNCBV et la FNCL va démarrer dans quelques semaines. L’objectif est notamment de répondre aux besoins en quantité, qualité et régularité de l’industrie des viandes, dans un contexte de baisse de la production. « 55 % des vaches laitières à l’abattoir ne sont pas taries, ajoute Anne Blanchard, de la FNCBV. Cela pose des problèmes de contamination bactériologique, liés aux écoulements mammaires. »

Une critique confirmée par l’étude Abattage des vaches laitières réformées en cours de lactation : quantification du phénomène et conséquences au niveau des abattoirs.que vient de rendre publique l’Institut de l’élevage. Ce travail inédit d’enquête en abattoir montre « les divergences d’intérêt entre les éleveurs, qui ne jugent pas forcément nécessaire de tarir toutes les vaches de réforme, et les abatteurs, qui souhaiteraient un tarissement systématique. » Les auteurs donnent en partie raison à ces derniers. Les vaches taries avant abattage présentent des carcasses de meilleure qualité que les vaches abattues en lactation. Elles fournissent en moyenne des carcasses plus lourdes, les écarts atteignant 25 kg pour les races prim’holstein et montbéliarde. Leur conformation est aussi meilleure, comme leur état d’engraissement. Ces tendances sont constatées principalement chez les vaches prim’holsteins et montbéliardes et dans une moindre mesure chez les normandes.

Engraisser n’est pas gagner

Toutefois, l’absence de tarissement avant la réforme n’induit pas automatiquement des carcasses de mauvaise qualité. « 62 % des prim’holsteins, 74 % des normandes et 44 % des montbéliardes réformées sans tarissement étaient dans un état d’engraissement qu’on peut qualifier d’optimal », souligne l’étude. Les auteurs estiment même qu’une partie des vaches pourrait se retrouver pénalisée en raison d’un engraissement excessif. « Seulement 36 % des prim’holsteins, 18 % des normandes et 55 % des montbéliardes réformées en lactation auraient mérité d’être engraissées ».

Les vaches abattues en lactation sont aussi à l’origine de problèmes plus fréquents en abattoirs. Elles donnent largement plus de carcasses fiévreuses que les vaches taries (7,2 % contre 4,2 %). Ce sont des sources potentielles de contamination bactériologique, dans la mesure où elles peuvent présenter des écoulements de lait le long de la carcasse. En cas de mammites, ce risque est encore supérieur. Justement, 30 % des animaux observés en lactation dans l’enquête étaient présumés infectés. Il ressort aussi que le tarissement ne permet pas d’éliminer tous les risques. 40 % des vaches taries présentaient des écoulements mammaires d’un liquide physiologique, lors du retrait de la mamelle. Et parmi ces mêmes vaches, 33 % étaient présumées atteintes d’une mammite.

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