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Quelle politique publique de l'alimentation ?

La Mission Agrobiosciences revisite les scenarii abordés aux Etats Généraux de l'Alimentation en 2005.

Quelle doit être la politique publique de l'alimentation dans un contexte de crise ? La Mission Agrobiosciences revient sur cette question, à partir de quatre scenarii proposés lors des États Généraux de l'Alimentation en novembre 2000. Des facteurs lourds sont à prendre en compte. « Tout d'abord, les conditions économiques qui privilégient les produits à moindre coût, quelle qu'en soit l'origine, lointaine ou proche», souligne Jean-Claude Flamant, directeur de la Mission. Ensuite, le rôle de l'information via les médias. « A coût égal, les consommateurs vont privilégier les produits à propos desquels aucun signal d'inquiétude n'est transmis », poursuit-il. En troisième position arrive le rôle du progrès de la science et de la technologie, « à la fois souhaité et redouté».

Un observatoire est nécessaire

Un des scénarii table sur une répétition des crises alimentaires. Sa pertinence est à nouveau vérifiée avec la grippe aviaire. « Les mêmes causes structurelles de notre système d'alimentation et d'information produisent toujours les mêmes effets. Avant même la réalité d'accidents sanitaires pour l'homme, les conséquences sont d'ordre économique, avec des coûts importants. Mais les précédents du “sang contaminé” et de la “vache folle” maintiennent l'idée que le pire peut arriver et que les pouvoirs publics ne disent pas la vérité». Plusieurs raisons plaident pour ce scénario : des chaînes alimentaires longues à l'échelle du monde, des médias propulsant des images forçant l'émotion, des incertitudes sur les moyens à prendre pour juguler les dangers et prévenir les risques.

Deuxième scénario, celui basé sur les vertus de l'information et de la prévention. « Sa mise en œuvre par les pouvoirs publics met en exergue l'intérêt d'accompagner les mesures prises, par un recours permanent aux analyses des sciences humaines et par l'organisation d'un Observatoire de l'alimentation», souligne l'auteur. Lequel cite l'exemple de l'«orthorexie », cette déviation psychologique dont sont victimes des personnes qui ont entendu les messages nutritionnels publics, jusqu'à en être obsédées de manière maladive.

Autre scénario, le salut par la science et la technologie. Jean-Claude Flamant lui oppose le fait qu'« alors que nous vivons aujourd'hui l'épisode de la grippe aviaire, les explications scientifiques données sur la maîtrise du virus et sur ses éventuelles mutations créent l'inquiétude parmi la population ».

Reste un dernier scénario, basé sur les bienfaits de la proximité. Là aussi une objection. « Les sociologues de l'alimentation relèvent un phénomène, probablement le plus significatif de ces dernières années, qui est le décrochage entre ce à quoi aspirent les gens et ce qu'ils font effectivement par leurs actes d'achats. Un bon indicateur est la progression du chiffre d'affaires des chaînes de distribution de hard discount. Les produits de l'agriculture biologique ne concernent en France que 1,5 % des achats de produits alimentaires ».

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