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Quand le Beaujolais se met au jus de raisin

Les acteurs du secteur viticole veulent créer une filière « jus de raisin » en Beaujolais afin de diversifier les produits issus de la vigne et de permettre aux viticulteurs de continuer à vivre de leur métier.

Existe-il encore un avenir agricole pour le Beaujolais ? Malmené d’abord par la loi Evin, puis par la concurrence des vins étrangers, dernièrement par le renforcement de la sécurité routière et maintenant par la conjoncture économique, le Beaujolais est actuellement à bout de souffle. Déjà, en 2007, les acteurs du secteur s’étaient réunis au sein du « Cluster Beaujolais » pour trouver des solutions. Aujourd’hui, certaines actions concrètes se mettent en place. Parmi celles-ci, le projet de revivifier la culture du raisin à travers la diversification des produits issus de la vigne. Pour le territoire du Beaujolais, cela permettrait aux viticulteurs de continuer à cultiver de la vigne destinée à des productions différentes (vins AOC, jus de raisin ou moûts de raisin).

Ainsi, le cluster soutient un programme de création d’une filière « jus de raisin ». Le lycée Bel-Air, situé au cœur de la région et partenaire du projet, vient de planter un hectare de vigne afin de tester les cépages (exalta et centennial) et d’analyser leur comportement en Beaujolais. Les résultats de ces études permettront, par la suite, d’accompagner les exploitations-pilotes. L’objectif est de créer, d’ici à 2010, 25 hectares de vignes destinées au jus de raisin.

« D’ici quelques semaines, nous allons lancer un appel à candidature auprès des agriculteurs locaux pour trouver des terres cultivables. Les agriculteurs devront alors préparer la terre à l’automne pour une plantation en avril prochain », explique Sophie Landreau, chargée de mission au Cluster Beaujolais.

L’ensemble du projet est soutenu par l’industriel Foulon Sopagly, leader européen du jus de raisin avec un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros pour 800 000 hectolitres produits par an. Implanté à Mâcon, en Saône-et-Loire, l’industriel s’est engagé, à travers la signature d’une charte, à acheter la future production à la société d’exploitation pour une durée de 10 ans.

Préserver l’appellation d’origine contrôlée

Si l’objectif de ce projet est de trouver de nouveaux débouchés industriels pour les produits issus de la vigne, les acteurs du secteur souhaitent également préserver leur AOC viticole. Pour cela, l’ensemble des protagonistes ont signé une charte (chambre de commerce et d’industrie, chambre d’agriculture du Rhône, Interbeaujolais, l’Union des vignerons du Beaujolais, ODG Beaujolais, ODG Beaujolais Village, Fédération des caves coopératives du Beaujolais et du Lyonnais, le lycée Bel-Air et l’entreprise Foulon Sopagly). Ainsi, il a été décidé que le choix des parcelles plantées avec des cépages jus de raisin portera hors des zones AOC Crus du Beaujolais, AOC Beaujolais et AOC Beaujolais Village.

Néanmoins, l’organisme de défense et de gestion du Beaujolais-Beaujolais Village pourra accorder des dérogations pour ces deux dernières appellations d’origine contrôlée. La charte prévoit également que le mot « beaujolais » ainsi que ses dérivés ne seront pas utilisés pour la promotion et la commercialisation du jus de raisin, afin d’éviter toute confusion dans l’esprit du consommateur.

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