Aller au contenu principal

Protéines végétales : seconde chance pour le pois et la féverole

Les acteurs de la filière protéagineuse ont mesuré les progrès réalisés et en cours de la production domestique. Pour relancer les cultures, ils adaptent des variétés spécialement à l’alimentation animale.

Dans un ou deux ans, les cultures de graines protéagineuses pourraient avoir repassé le cap des 500 000 hectares en France (contre 452 000 ha actuellement), et la féverole être devenue une véritable alternative au pois en alimentation animale. Ces perspectives ont été exposées lors de la quatrième rencontre annuelle des protéagineux organisée la semaine passée par l’Unip (union nationale interprofessionnelle des plantes riches en protéines). Elles résulteront d’un plan de relance sur cinq ans de cette filière (comprenant le pois, la féverole et le lupin), doté d’une contribution publique de 4,2 millions d’euros. Ce programme démarré en 2002 et s’achevant l’an prochain a déjà engendré des variétés plus résistantes aux maladies et plus facilement utilisables en alimentation animale.

La « févita » se propose à l’alimentation animale

Ce dernier atout est flagrant pour les féveroles : les variétés « sans tanins» sont plus riches en protéines, plaisent davantage aux porcs et sont plus digestes pour les volailles. Les variétés dénuées de facteurs anti-nutritionnels ont de meilleures performances en volaille de chair et poules pondeuses. Et une première variété « double zéro» (cumulant l’absence de tanins et de facteurs anti-nutritionnels) commencera à se cultiver l’an prochain. Ce type nouveau de féverole, spécialement adapté à la nutrition animale, sera commercialisé sous le nom de « févita» suivant le principe canadien d’appeler « canola» le colza double zéro. Voilà de quoi relancer la progression de la culture de féveroles, stabilisée autour de 83 000 ha depuis un an. Encore, faudra-t-il, pour que cette production profite aux fabricants d’aliments, que les organismes stockeurs consentent à trier et à identifier correctement les graines destinées à cet emploi.

« Potentiellement, il y a de la place pour deux millions d’hectares en France pour les cultures protéagineuses», s’est exprimé, sur un plan agronomique, le responsable du service technique interprofessionnel, Benoît Carroué. C’est sans compter sur les incertitudes économiques pesant sur elles. Les agriculteurs perçoivent désormais la même aide publique pour les céréales, les pois ou le colza. Si les plantes riches en protéines demeurent peu cultivées, les créateurs de variété vont relâcher leurs efforts. « Nous risquons - gros- la vie de ces cultures», a rappelé Xavier Beulin. Le président de la section syndicale spécialisée (Fop) a réclamé le secours d’une « mesure rotationnelle» incitant par des aides environnementales à varier les assolements, ainsi qu’un système d’assurance sur revenu. Xavier Beulin a de nouveau évoqué l’enjeu « géostratégique» d’une certaine indépendance européenne en protéines végétales, soulignant que celle-ci était tombée à 20 % devant le soja importé. Les matières premières sont très substituables en nutrition animale, les protéagineux n’échappent pas à cette règle.

Les plus lus

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

camion devant quais de déchargement, de nuit
Viande bovine : le déficit commercial divisé par deux en 2025 en volume

Les exportations de viande bovine de la France ont progressé en 2025 ; notamment vers l’UE, tandis que les importations…

Les administrateurs de l'interprofession Anvol
Poulet : « Le rythme de construction de nouveaux bâtiments reste très éloigné des objectifs fixés »

 2 200 poulaillers et près de 2,8 milliards d’euros d’investissements, c’est ce qu’il faudrait à la France pour…

dindes dans un pré
Volaille : les mentions « Fermier, élevé en plein air » et « Fermier, élevé en liberté » restent protégées par l’UE

La Commission européenne publie la mise à jour de ses normes de commercialisation de la volaille et du foie gras, qui renforce…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio