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Produits de la mer : la filière coquille saint-jacques s’interroge

BAISSE DES COURS EN 2004/2005
La campagne a été très perturbée par divers incidents sanitaires en Bretagne et en Normandie. Plus inquiétant, les consommateurs en conçoivent une certaine méfiance pour la coquille. Et préfèrent désormais les noix.

La campagne de pêche de la coquille saint-jacques qui vient de s’achever aura été marquée par la confusion semée sur le marché par l’algue ASP dont la toxine se concentre dans la poche noire de la coquille, que personne ne mange. Des seuils élevés de cette toxine dite ASP pour Amnesic shellfish Poison a été identifiée en début de campagne dans certaines parcelles de la baie de Seine, et sur le petit gisement de la rade de Brest.

Compte tenu des analyses réalisées au moins une fois par semaine par l’Ifremer, les interdictions de pêche et de commercialisation ont progressivement et (presque) partout été levées en Manche orientale -pêcherie de plus de 6000 tonnes dont 3000 présentées sous criées et autant vendues en direct, hors Dieppe et Fécamp (2500 t)-, avant la fin de campagne. En revanche, l’arrêté d’interdiction n’a été levé qu’au dernier moment à Brest (350 tonnes).

Entre les deux, le gisement de la baie de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), pléthorique cette année (7200 tonnes prévues), même indemne d’ASP n’a pas bénéficié de cet avantage sanitaire. Heureusement, la principale OP (Cobrenor) dispose d’un outil de décorticage et de surgélation, Celtarmor partagé à 51-49 avec le groupe le Graët. « C’est la première année qu’il atteint 3000 tonnes », se félicite Georges Brézellec, vice-président de Cobrenor.

Se méfiant des coquilles entières, les consommateurs ont acheté de façon plus importante des coquilles décortiquées, fraîches et surtout congelées. Naturellement, cette évolution du marché consécutive à l’apparition de l’ASP n’arrange pas le groupement qualité Normandie fraîcheur Mer qui gère le label rouge « coquille saint-jacques fraîche et entière ». Même avec un petit tonnage (390 tonnes dont 90 bénéficient de l’étiquette label rouge), le label rouge a parfois connu la procédure du retrait.

« En novembre et décembre, période de forte consommation, les prix n’ont jamais décollé. Et il y avait en plus une forte production cette année », indique Dominique la Mort, qualiticien. Dans la rade de Brest, la campagne avait commencé depuis un mois et demi lorsque l’arrêté d’interdiction est tombé comme un couperet, le 1er décembre. Les 66 bateaux inscrits sur le gisement avaient alors très peu pêché. La plupart ont depuis été armés pour d’autres pêcheries. Les professionnels de la rade ont demandé une extension exceptionnelle de la campagne pour les derniers bateaux toujours armés à la coquille. Ils veulent limiter la casse de ce qui s’annonce comme une mauvaise campagne Ils réalisent habituellement 25 à 30 % de leur chiffre d’affaires annuel sur décembre. Si la toxine, peu connue, venait à s’installer durablement sur les gisements, comme en Espagne et en Ecosse où elle apparaît chaque année, la filière devrait s’adapter en profondeur.

Dans la baie de Saint-Brieuc, Cobrenor s’interroge sur l’opportunité de muscler les capacités de décorticage de Celtarmor, « car le consommateur n’a pas peur des noix» , souligne M. Brézellec. Mais il faudra l’approvisionner. Réflexion identique dans la rade de Brest où les professionnels réfléchissent à plusieurs pistes : monter une OP, ou développer le décorticage dans un atelier attenant à la criée de Brest loué depuis cette année. Quant au label rouge, c’est ni plus ni moins sa survie qui serait en jeu si les coquilles entières suscitaient durablement la méfiance.

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