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Poussée de fièvre sur le soja

Achats chinois, tensions sociales au Brésil, pluies en Argentine et remontée du pétrole, plusieurs éléments favorisent le retour à la hausse des prix du soja, qui paraît cependant fragile. Le colza en profite pour franchir un nouveau palier à la hausse.

Aux États-Unis, le rapport hebdomadaire sur les sorties de soja met une nouvelle fois en évidence le dynamisme de l'exportation avec un bilan qui fait état d'une avance de 11 % sur la campagne dernière alors que le bilan USDA ne table que sur une progression de 8,8 %. Ceci étant les navires attendus sont peu nombreux pour les semaines à venir. Les opérateurs fondent beaucoup d'espoir sur le signal donné par la banque d'État chinoise qui vient d'assouplir ses exigences en réserves obligatoires auprès des opérateurs.

Au Brésil, alors que la récolte est achevée maintenant à plus de 90 %, de nouvelles rumeurs sur une grève des transporteurs agitent le microcosme. Ceci étant pour de nombreux observateurs, les silos portuaires sont maintenant pleins et son impact pourrait être réduit. En Argentine, ce sont les pluies qui viennent retarder les récoltes. Pour autant, elles ne remettent pas en cause la prévision de récolte qui culminerait à 59 Mt alors que le dernier rapport USDA ne tablait que sur 57 Mt.

La conjonction de ces éléments fait repartir le soja à la hausse, dans le sillage du pétrole, mais tout cela paraît bien fragile au regard des bilans mondiaux offre/demande qui, à la faveur de récoltes très généreuses, sont particulièrement déséquilibrés. La tendance de fond reste baissière sauf élément exceptionnel.

Le colza, qui contrairement au soja n'avait pas connu de trou d'air en France et qui, sur la base de surfaces en baisse pour la prochaine campagne poursuit sa remontée, profite du décol-lage du soja pour franchir un nouveau palier à la hausse. Ce qui le ramène au niveau où il était en mars 2014. Plus que le soja, le colza profite des tensions en Ukraine, au Yémen et en Libye qui occasionnent une remontée du baril de pétrole. Ce pic toutefois intervient alors que le marché est particulièrement étroit avec des disponibilités qui s'amenuisent.

Le projet Total pèse sur le long terme

Pour l'heure, cette remontée ne s'est pas encore traduite par une hausse des cours en nouvelle récolte et l'écart de positions reste important, supérieur à 10 euros. Les opérateurs restent prudents, et le projet de Total pour la refonte de ses unités de biocarburant, qui amènerait l'opérateur pétrolier à privilégier l'huile de palme à celle de colza pour ses fabrications, pèse sur le marché à long terme.

En tournesol, le marché est étroit voire nominal, les cours grimpent en sympathie avec ceux du colza, mais un cran au-dessus avec une graine à 387 euros la tonne en rendu Saint-Nazaire alors que le colza plafonne à 380 euros la tonne en fob Moselle. Paul Varnet

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