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Porc : les signes d’un « cycle haut » sont là

Le redressement des prix devrait continuer. L’export est dynamique, mais la demande intérieure est atone.

Le cours moyen du kilo de porc négocié en 2004 au Marché du porc breton s’est établi à 1,128 euro, soit 9,8 % de mieux qu’en 2003. Après trois années de crise, le ciel semble se déboucher quelque peu. En effet, l’auteur du bilan du MPB, son directeur Jean-Pierre Joly, constate un écart de 47 % entre les dernières cotations de 2003 et 2004 (1,255 euro).

Ce redressement des cours a eu lieu essentiellement pendant le dernier trimestre de l’année, sous l’effet conjugué de l’explosion de la demande en viande de porc des dix nouveaux pays de l’Union européenne, et des principaux pays consommateurs au monde. La peste aviaire du Sud-Est asiatique a aussi joué en faveur de la viande de porc par transfert de consommation. « La Corée et le Japon ont importé beaucoup plus de viande bretonne en 2004 qu’en 2003 ; le prix de la viande allemande était trop élevé », explique-t-il. Tous les pays producteurs au monde ont profité de l’embellie : Europe, Etats-Unis, Canada et surtout Brésil, selon le directeur du MPB.

Pour lui, le bon niveau de prix de fin d’année devrait se poursuivre sur le début 2005. D’abord pour des raisons purement économiques. A 1,086 euro entre 2002 et 2004, le prix moyen du cours du porc en France est resté très inférieur au coût de revient, estimé à 1,31 euro du kilo. « Ce constat est identique dans tous les bassins européens », précise Jean-Pierre Joly. Les fermetures d’élevage se sont multipliées. Moins d’offre, plus de demande : l’effet est mécanique. Il pourrait se manifester encore au printemps prochain en raison de la pénurie actuelle de porcelets.

De là à envisager un cycle haut ? S’il l’évoque, Jean-Pierre Joly reste prudent. D’abord parce que la moyenne des éleveurs parvient tout juste à l’équilibre des comptes en 2004 -le prix réel payé aux producteurs prend en compte le versement de 15 centimes (critère qualité)-, après cinq années difficiles parmi lesquelles seule 2001 a permis aux éleveurs de reconstituer leur trésorerie. Ensuite en raison du prix de vente trop élevé de la viande de porc en fond de rayon des grands distributeurs. « Il y a trois ou quatre opérations promotionnelles par an sur la viande de porc en grandes surfaces, ce n’est pas suffisant», s’insurge Jean-Pierre Joly.

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