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Porc : les limites du modèle nord-européen

Pour l’Ifip (Institut du porc), la restructuration à pas forcés du modèle porcin nord-européen vers de plus grandes structures fait peu à peu apparaître des blocages environnementaux et sociétaux.
À la recherche d’un modèle économique plus robuste, les acteurs du porc en France observent avec acuité la situation de leurs voisins nord-européens. Entre 2000 et 2010, les éleveurs allemands, danois et hollandais ont augmenté leur production de 26, 13 et 5 %, pendant que les Français maintenaient tout juste leur niveau de 2000. Au Danemark et aux Pays-Bas, les exploitations affichent une taille moyenne de 635 et 420 truies, la Bretagne (56 % de la production française) des ateliers de 179 truies en moyenne. Dans une étude financée par FranceAgriMer et tout récemment publiée, l’Ifip a observé la mutation de la production hollandaise. Une filière qui, comme en France, s’est fortement développée à la fin des années 1960 pour atteindre 14,2 millions de porcs par an en 1997, avant de chuter brutalement après l’épizootie de peste porcine. Depuis 2003, la production est repartie et se situe désormais à 12,2 millions de porcs par an. Sur 7 000 exploitations comptant des porcs aux Pays-Bas, « 680 sont spécialisées dont 24 % associent le naissage et l’engraissement, avec 39 % des truies et 40 % des porcs charcutiers du pays. Les naisseurs spécialisés détiennent 61 % des truies du pays et les engraisseurs 60 % des porcs à l’engraissement », indique l’Ifip. Le développement du naissage aux Pays-Bas, mais aussi au Danemark, s’est organisé au même rythme que l’accroissement des capacités industrielles des abattoirs, notamment les unités du Néerlandais Vion outre-Rhin.

Durcissement des normes environnementales

Le mouvement de restructuration rapide observé aux Pays-Bas dans les années 2000 a été favorisé par diverses réglementations. La loi de reconstruction spatiale (2002) a désigné des territoires prioritaires pour le développement agricole (est et sud du pays), poussant à l’agrandissement des structures : 500 ateliers comptant plus de 5 000 porcs à l’engrais, 56 avec plus de 2 000 truies. Les exploitations ont pu s’agrandir d’autant plus facilement que les seuils de déclenchement de la procédure d’autorisation sont plus hauts qu’en France. Cependant, si les élevages néerlandais et danois ont atteint des niveaux de productivité sans équivalent en France – 141 kilos de carcasse produits par heure aux Pays-Bas, 135 au Danemark et 98 en France, ils butent désormais sur des questions environnementales. Aux Pays-Bas, les normes liées aux rejets d’azote et de phosphore se durcissent et le gouvernement incite à l’innovation pour en résorber les excédents. « La pression à l’hectare en nitrates et phosphates d’origine animale, en baisse continue de 1994 à 2004, est repartie très nettement à la hausse depuis et dépasse de beaucoup les plafonds d’apport fixés dans les programmes d’action. Les Pays-Bas doivent donc se défaire d’importants excédents. Les volumes exportés (vers l’Allemagne en priorité, NDLR) ont plus que doublé depuis 2005 », précise l’Ifip. La forte densité d’élevage dans certaines provinces des Pays-Bas (en particulier le Nord-Brabant avec une densité de 2 000 porcs/km2 de SAU) fait lever une vague d’inquiétudes au sein de la population. Aussi l’Ifip estime-t-il que la production ne devrait plus augmenter dans les années à venir, voire devrait baisser.

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