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Pôles de compétitivité : agriculture et IAA méritaient mieux

Une douzaine de dossiers agroalimentaires ont été retenus parmi les 67 pôles de compétitivité annoncés par Matignon. Mais leur envergure reste limitée à une dimension nationale.

Une semaine après la désignation de la ville hôte des Jeux Olympiques 2012, c'était au tour de Dominique de Villepin d'annoncer mardi le nom des heureux élus aux pôles de compétitivité. Avec 67 dossiers validés sur 105 tous secteurs confondus, la lutte n'aura pas été aussi fratricide que prévu.

Bien représentés dans les rangs des gagnants avec 12 lauréats, l'agriculture et l'agroalimentaire enregistrent tout de même une petite déception, puisque les deux secteurs restent cantonnés à la dimension nationale, selon la hiérarchie dévoilée par le Premier Ministre (projets mondiaux, à vocation mondiale et enfin nationale). Seul le pôle « végétal spécialisé» des Pays de la Loire , reconnu projet à vocation mondiale, fait exception. Pourtant riche en savoir faire et en entreprises dans le secteur, la région Poitou-Charentes n'aura réussi à placer aucun de ses deux projets agroalimentaires. Pour la présidente de la région, « le compte n'y est pas». « Le Poitou-Charentes ne figure que pour deux projets liés aux véhicules [...] alors que nous avions un dossier solide sur les éco-industries» estime Ségolène Royal, qui ne désespère cependant pas que ces dossiers soient réexaminés cet automne.

Saupoudrage?

Le sentiment est tout autre en Pays de Loire avec la naissance du pôle de compétitivité « végétal spécialisé» qui regroupe toutes les productions végétales ainsi que 25000 emplois, 5000 étudiants et près de 1000 chercheurs. Le président du Comité interprofessionnel du végétal spécialisé (CIVS) Bruno Dupont considère le label comme « un coup de « pousse» nécessaire à la pérennité» d'une filière qui reste « fragile face à la concurrence internationale». Ce pôle s'étend de la semence à l'arboriculture, en passant par l'horticulture, la vigne, les plantes médicinales et les champignons, à l'exception des grandes

cultures. À plus long terme « il est probable que nous ayons à intégrer dans notre pôle végétal une dimension régionale, avec par exemple les maraîchers nantais», estime M. Dupont. Destiné à relancer une dynamique de collaboration entre régions, chercheurs, entreprises et universités, le programme des pôles de compétitivité va distribuer 1,5 Mds Eur sur 3 ans (300 M d'exonérations de charges, 400 M issus des ministères comme le Défense, l'Industrie, la Recherche ou l'Agriculture et 800 M en provenance des différentes agences pour la recherche et l'innovation).

Initialement prévu pour accompagner un nombre beaucoup plus restreint de projets, le programme a vu ses fonds doubler. Une situation qui fait craindre un saupoudrage de crédits moins efficace. Comme on pouvait s'y attendre, les présidents de région PS sont circonspects sur la répartition des fonds. Le Medef, par la voix de sa section Ile de France, estime que la question du financement doit être résolue, les fonds n'ayant pas suivi proportionnellement le nombre de dossiers retenus.

Rédaction Réussir

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