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OMC :« Plutôt un échec qu'un vague compromis »

Les éleveurs de races à viande du Grand Massif veulent alerter l'opinion sur les négociations de l'OMC. Ils s'expriment aujourd'hui à Chemilly (Allier), au côté de Jean-Marc Nesme, président du groupe d'études sur l'élevage bovin en bassin allaitant à l'Assemblée nationale.

LM : Quel est votre message, à un mois de Hong Kong ?

Jean-Marc Nesme : L'Union européenne a déjà fait, avec la réforme de la Pac, un pas très important pour répondre aux demandes de l'OMC. Il n'y a aucune raison d'aller plus loin. Nos concurrents demandent une suppression ou une baisse drastique des subventions à l'agriculture européenne, dans l'intérêt des Pays en voie de développement (PVD). Cet argument ne tient pas. L'UE est déjà, et de loin, le premier acheteur de ces pays, avec des importations supérieures au total de celles des Etats-Unis, du Canada, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Japon réunis. Autre point, la réforme de la Pac a instauré l'écoconditionalité, avec des exigences environnementales, de santé publique, de bien-être animal. Des pays comme le Brésil n'observent pas les mêmes règles. C'est pourquoi, il ne peut y avoir de baisse des subventions ni d'ouverture totale du marché mondial. La concurrence est déloyale. Dans le domaine sanitaire, Bruxelles fait peser de lourdes contraintes sur l'exploitation, l'abattoir, l'atelier de découpe, la distribution. La traçabilité n'est pas la même dans les autres pays de l'OMC. Lors des pourparlers, l'UE est victimes de nombreuses attaques. Elle ne doit pas baisser la garde. Je préfère un échec à Hong Kong qu'un vague compromis.

LM : L'actualité, c'est aussi la loi d'orientation. Qu'apporte-t-elle aux éleveurs de races à viande ?

Jean-Marc Nesme : Un de ses objectifs est de faire de l'exploitation une véritable entreprise. C'est ce qui a conduit à la création d'un fonds agricole. Il doit permettre aux agriculteurs de travailler dans un cadre juridique et économique stable et pérenne. Pour parler plus spécifiquement du bassin allaitant, j'en viens à un point important de la loi de finance. La taxe sur le foncier non bâti sera réduite de 20 % dès 2006. Elle constitue une charge très lourde, qui pèse essentiellement dans les régions herbagères et nuit à la compétitivité des races à viande françaises, notamment face aux viandes européennes qui ne supportent pas un tel impôt. Sa suppression progressive apportera un ballon d'oxygène aux exploitations extensives. 

LM : Quel est le rôle du groupe parlementaire que vous présidez ?

Jean-Marc Nesme : Il réunit tous les députés, de la majorité et de l'opposition, issus du bassin allaitant et notamment du grand Massif central. Son but est de se tenir au courant des problèmes rencontrés par la production de races à viande et de constituer un groupe de pression. C'est un trait d'union entre les organisations agricoles et l'Assemblée nationale. La FNB peut sans problème être auditionnée par un de nos membres et nous la sollicitons pour obtenir des informations. Nous suivrons de très près la promesse du gouvernement d'une suppression de la taxe sur le foncier non bâti d'ici à cinq ans.

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